La Vénus A Mis L'Eau… par Monique

 
"Ah ! Ce que je m'ennuie, ce que je m'ennuie dans ce foutu musée.

Dire que lorsque j'avais été enfin délivrée de la gangue de terre, qui me tenait prisonnière depuis des siècles et des siècles, j'avais été si heureuse, pleine d'espoir. Quel bonheur cela avait été pour moi de revoir la lumière du soleil au milieu des cris de joie et les applaudissements.

Et moi, la pauvre pomme, qui m'imaginais que j'allais revenir à ma splendeur passée, que j'allais de nouveau être vénérée comme il se doit, moi Aphrodite, déesse de la beauté. Eh ! Ben tiens donc ! Tintin !

Déjà qu'ils n'ont pas été foutu de récupérer mes bras, cette bande de nuls, ils auraient pu fouiller un peu plus, quand même. Non mais ! Regardez la touche que j'ai. Et puis, ces vandales, ils m'ont expédiée fissa au musée du Louvres loin de ma chère île de Milo, et dans une caisse en plus, comme une vulgaire potiche, quelle humiliation !

C'est ainsi que je me suis retrouvée ici, exposée dans cette immense salle pleine de courant d'air. Et depuis 1821 que je crèche ici, j'en ai vu défiler du monde. Au début, pleine d'illusions, je pensais que c'était pour moi que tous ces gens venaient, mais j'ai bien vite compris que c'était le travail du sculpteur qu'ils admiraient et non pas moi. Avoir tenu le haut du pavé pendant si longtemps et se rendre compte que maintenant on ne tient plus que le bas du fossé. Mon égo en a vraiment pris un coup ce jour-là.

 

Mais le plus dur à encaisser c'est toutes ces plaisanteries idiotes du genre : "Pourquoi elle n'a pas de bras la dame ?" "Parce qu'on lui a annoncé une nouvelle stupéfiante, alors les bras lui en sont tombés."  Ou encore "te moque pas ou elle va te tomber dessus à bras raccourcis !" Mais celle qui m'agace le plus c'est : " La Vénus a mis l'eau à bouillir pour le café et sans les bras ! Quelle championne !"

Je t'en foutrais moi du café ou du thé, misérable ver de terre, je te collerai avec plaisir une bonne décoction de ciguë comme au Platon, non mais sans blague.

Faut avouer que je commence à en avoir plus que marre ! J'ai beau être de marbre, il arrive un moment où l'on ne peut plus supporter. Alors c'est décidé, Il faut absolument que je me tire ailleurs.

 

Ce soir quand la salle se sera vidée de ses visiteurs, je filerai en douce pour atteindre une des sorties de secours et je m'échapperai avant que l'on branche le système d'alarme pour la nuit. Ensuite, empruntant des ruelles sombres et peu fréquentées je sortirai de la capitale et poursuivrai mon chemin, direction le sud, en évitant les zones habitées. Il va falloir bien compter une dizaine de jours de marche harassante pour atteindre les rivages de la Méditerranée. Et là c'est la partie la plus dure du voyage qui commencera, car il n'est pas question de prendre un bateau. Je devrai joindre les îles de la mer Égée en marchant sur le fond sous- marin. Et cela fait bien 2800 km à parcourir. Terrible, épuisant, un vrai calvaire, mais je suis prête à tout plutôt que de rester ici un jour de plus."

 

Et elle le fit…

 

… 1 mois, 14 jours, 6 heures, 30 minutes et quelques secondes plus tard. La Vénus vient d'aborder sur la plage de sable fin d'une petite île déserte. "Enfin ! Un coin de paradis juste pour moi. Je ne me suis pas usée le marbre pour rien. Ah ! Ah ! La Vénus a mis l'eau entre elle et vous pauvres mortels, et elle va pouvoir s'éclater un max. C'est elle qui rigole maintenant. La voilà redevenue déesse. Le soleil, de ses rayons, lui fait un manteau d'or pur, sur sa tête est posé un diadème fait de perles de rosée, sur son passage les myrtes et les genévriers s'inclinent respectueusement jusqu'au sol pendant qu' une multitude d'oiseaux entonnent un hymne à sa beauté. 

2026.02.12. jeu.

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Une Phrase De Plume Voisine… par Monique

 
Samedi je pars garder ma petite fille. Je vais lui porter une galette et un petit pot de beurre.

 Ah ! zut ! je crois qu'il ne me reste plus de farine. Bon, Il faut que j'aille en acheter. Je prends mon panier, revêts mon chaperon rouge et enfile mes bottes de sept lieux. Et me voilà fonçant à toute allure chez le meunier. Arrivée au moulin je trouve porte close. J'avise alors un brave bûcheron et sa femme qui revenaient d'aller perdre leurs sept enfants en forêt. Ils m'apprennent que le digne artisan a fermé définitivement boutique pour rejoindre son frère, le marquis de Carabas, qui a épousé la fille du roi. Depuis il vit au palais, où l'on festoie du matin au soir.

Je remercie ces charmantes personnes et reprends ma route. J'aperçois, soudain, quelqu'un guettant au haut d'une tour. Ohé ! Sœur Anne ! ne voyez-vous pas un endroit où je pourrais trouver un peu de farine ? Hélas ! me répond- elle, je ne vois que le soleil qui poudroie et l'herbe qui verdoie.


Bon, tant pis ! Je poursuis mon chemin jusqu'à l'orée d'une forêt et tombe sur un panneau. Grand méchant loup, épicerie fine à 200 mètres". Arrivée devant la porte une affiche indique Tirer la bobinette et la chevillette cherra. J’exécute la manœuvre et pénètre dans le magasin. "Oh ! Bonjour monsieur l'épicier, comme vous avez de grandes oreilles." "C'est pour mieux saisir votre commande mon enfant." "Oh ! comme vous avez de grands yeux." "C'est pour mieux calculer la TVA mon enfant." "Oh ! comme vous avez de grandes dents." "C'est pour mieux charmer mes clientes mon enfant."

Après ce petit préambule j'annonce le but de ma visite. "Voilà, j'aurai besoin de farine pour faire un gâteau à une charmante petite fille." "De la farine !!! Mais il ne m'en reste plus. Le roi m'a réquisitionné tout ce que j'avais pour son fils qui veut qu'une certaine Peau d'Âne lui fasse un gâteau."

 

Pas de chance ! Me voilà donc à nouveau en route avec mon panier vide. À tout hasard je me rends au château de la Belle au bois dormant et là je frappe et frappe et frappe à la porte. Personne ne répond. "Pas possible tout le monde roupille là-dedans !!!" Je me remets à tambouriner de toutes mes forces. Tiens ! il me semble entendre... comme une sonnerie ? d'abord lointaine puis s'amplifiant. C'est alors que j'ouvre les yeux et reprends contact avec la réalité, je suis sur le canapé où je m'étais assoupie et la sonnerie qui m'a réveillée est l'alarme du four qui m'avertit que mon fondant au chocolat arrive en fin de cuisson. Je passe à la cuisine pour le démouler. Humm ! Parfait, demain ma petiote va se régaler. Je retourne au salon, par terre, près du divan un livre. Je le ramasse. "Ah ! Voilà l'explication de mon drôle de rêve." J'étais après relire mon vieux livre de contes de Perrault pour me remettre ces histoires en mémoire et pouvoir les raconter samedi lorsque brusquement je me suis endormie et que mon esprit s'est mis à voyager en plein conte de fée.

2026.02.12. jeu.

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Samedi je pars garder ma petite fille.
Phrase gracieusement offerte par Annie

Je Suis… Comme… par Monique

 
Je suis souple comme un téléphone.

Vous allez me dire : "Non mais vous voulez rire, ces appareils là c'est plutôt du genre rigide."

À quoi je répondrai : "Parce que quand je vous parle de téléphone vous pensez aussitôt aux anciens trucs en bakélite, hyper massif et hyper dur, aussi souple qu'une barre à mine."

À quoi vous rétorquerez : "Pas besoin de remonter jusqu'à la préhistoire, prenez n'importe quel portable, c'est un écran rectangulaire, avec une vitre rectangulaire, impossible à plier."

"En êtes-vous si sûr ?"

"Oui, parfaitement !"

 "Hé bien détrompez-vous, figurez-vous que l'écran du Samsung Galaxy Z se plie en deux. Donc quand je fais un peu de gymnastique et que je touche l'extrémité de mes pieds avec mes mains et bien je peux affirmer que je suis souple comme un téléphone Samsung Z. Et encore plus fort, sachez que le Samsung X lui à un écran qui se plie en quatre. Et vous verrez que dans l'avenir avec le développement de la plastronique et des nouveaux matériaux intelligents on arrivera à avoir des téléphones que l'on pourra enrouler autour de son poignet comme un bracelet. Alors la formule souple comme un téléphone deviendra universelle et d'un usage tout à fait commun.

2026.02.12. jeu.

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