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Dix Plumes, Dix Mots par Agnès

Jet de mots


Dans mon habitation, je donne aux locataires
Des leçons de musique contre du numéraire
Nabuchodinosaure qui n’est pas très prospère
Me livre souvent des fleurs ou bien des fruits de mer
Garantis Label Bio « Jardin du quaternaire ».
Mademoiselle Tarentule qui dans sa vie, galère
Me rémunère en cerise ou bien en scorsonères
Bien que je sois bonne pomme et fille débonnaire
De me plumer jamais ils n’ont eu la manière.

2026.06.18. jeu.

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Fait Divers En Trois Lignes par Agnès

 

Pâques explosives

 

Nous sommes le 9 avril 1944, le soleil n’est pas encore levé, mais les cloches de Pâques sonnent déjà à toutes volées. Roger Frétillon, le chef de gare, membre du Réseau Résistance-Fer tient dans sa besace dix galets de plastiques et autant de détonateurs à retardement qu’il doit aller fixer sur le ballast de la ligne Cergy-Clichy avant le passage en gare d’un convoi allemand chargé d’armes et de munitions.

Il inspecte le ballast, choisit les caches les plus judicieuses et fixe les charges sous les traverses. Sa mission achevée, il revient vers la gare.  Soudain, à quelques mètres de lui, une ombre furtive traverse les voies et file en direction du quai. Un espion, un traitre qui pourrait alerter l’ennemi, Roger Frétillon se lance à sa poursuite, la petite silhouette entre dans la salle des pas perdus. Roger pénètre à sa suite, personne, soudain un sifflement, il monte à l’étage où se trouve le petit logement familial et entre dans la cuisine. La bouilloire chante sur la gazinière, sa femme prépare le café :

« Tu n’as rien entendu chérie, quelqu’un est entré dans la gare »

« Non, il n’y a personne à part toi et moi et le môme qui doit dormir encore. Tiens en parlant du môme, il n’arrête pas de me tanner avec sa chasse aux œufs, je lui ai dit d’attendre que les cloches sonnent pour aller les chercher ». Au même moment, Roger Frétillon aperçoit une touffe de cheveux dépasser de la robe de chambre de sa femme.

« C’est pas possible, il y est encore fourré dans tes jupes ce gamin. »

2026.06.18. jeu.

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Un Été Indien par Agnès


De Dunkerque à Tamanrasset

  
Tu sais, je n’ai jamais aussi lucide que ce matin-là.
Nous marchions sur la plage de Zuydcoote
C’était l’été, un été en mode dégradé
Une saison qui n’existe qu’au nord de Dunkerque
Ici on l’appelle ça l’hiver indien
C’était tout simplement un été pourri.
Avec tes Docksides et ton vieux ciré jaune
Tu ressemblais à Oliver de Kersauson
Et je me souviens, je me souviens très bien
De ce que tu m’as dit en ouvrant le parapluie
« C’est juste un grain, ça ne devrait pas durer »
Et moi de penser tout bas « Comme notre amour »
 
J’ai bu la tasse dans tes yeux bleus
Tu m’as fait du char dans le bunker
Pendant que tu bécotais mes lèvres gercées
J’ai glissé mes mains sous ton Thermolactyl
Tu m’as parlé du lendemain, de tes beaux rêves flambants
Des Babygros sur la corde à linge
Les bières en packs de trente devant la télé
Des repas du dimanche chez ta mère
Et du camping de Malo Bray-Dunes
 
Aujourd’hui, à 4 000 kms de la Côte d’opale
Loin des draches et du café maroilles
Je suis là où le soleil habite,
Et j’me fiche de savoir où tu es et ce que tu trafiques

Je regarde Hélios décliner derrière les montagnes
Et incendier le ciel mauve du Hoggar
Je sais qu’ici je finirai mes jours
Loin des cheminées d’Arcelor Mital.
À choisir entre tente et caravane
Je préfère ma Touareg à ta Quechua
Et la Méhari d’Ali à ta Trigano huit places
 
Sur ma boussole, j’ai perdu le Nord
Je vais là où je veux, quand je le veux
Le bonheur est toujours pour demain.

2026.06.18. jeu.

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Petite Annonce Pas Très Moniale par Agnès


 
Crépuscule étoilé, que dois-je comprendre ?

1-   Une promenade digestive, au bord d’un étang à compter les grenouilles et vous entendre égrener le nom des quatre-vingt-huit constellations.

2-   Un jus de grenade siroté au pied de la Sublime Porte à l’heure où la ville bleuit et le ciel prend feu, à regarder voleter les nuées de pigeons autour des mosquées dans l’or et l’orange du soleil qui décline sur le Bosphore.

 

J’aimerai choyer, que dois-je entendre ?

1-   Le ronron affectif d’un gros chat qui m’apporte ma verveine et me demande de lui couper ses ongles de pieds.

2-   Nos rires séraphiques quand la mousse du vin de champagne déborde de nos coupes légères sur nos doigts.

 

Veuf, agréable, qui dois-je voir ?

1-   Le ténébreux, l’inconsolé, vétéran du bataillon de la grisaille, au visage marqué par les rides des rires perdus et les yeux pâles égarés dans le reflet de la chère disparue.

2-   Ou le veuf joyeux, libéré du cocon, à se sentir pousser des ailes, les sens aux abois prêts à séduire la belle.

 

Retraité, combien le diriez-vous ?

1-   « La richesse ne consiste pas à avoir de grandes possessions, mais à avoir peu de besoin » (Épictète)

2-   « L’argent est comme un sixième sens, indispensable à l’usage complet des cinq autres. » (Somerset Maugham)

 

Voilà cher ami si peu prolixe, il vous suffit de valider les bonnes réponses pour emporter mon cœur.

2026.05.21. jeu.

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