Fait Divers En Trois Lignes par Agnès

 

Pâques explosives

 

Nous sommes le 9 avril 1944, le soleil n’est pas encore levé, mais les cloches de Pâques sonnent déjà à toutes volées. Roger Frétillon, le chef de gare, membre du Réseau Résistance-Fer tient dans sa besace dix galets de plastiques et autant de détonateurs à retardement qu’il doit aller fixer sur le ballast de la ligne Cergy-Clichy avant le passage en gare d’un convoi allemand chargé d’armes et de munitions.

Il inspecte le ballast, choisit les caches les plus judicieuses et fixe les charges sous les traverses. Sa mission achevée, il revient vers la gare.  Soudain, à quelques mètres de lui, une ombre furtive traverse les voies et file en direction du quai. Un espion, un traitre qui pourrait alerter l’ennemi, Roger Frétillon se lance à sa poursuite, la petite silhouette entre dans la salle des pas perdus. Roger pénètre à sa suite, personne, soudain un sifflement, il monte à l’étage où se trouve le petit logement familial et entre dans la cuisine. La bouilloire chante sur la gazinière, sa femme prépare le café :

« Tu n’as rien entendu chérie, quelqu’un est entré dans la gare »

« Non, il n’y a personne à part toi et moi et le môme qui doit dormir encore. Tiens en parlant du môme, il n’arrête pas de me tanner avec sa chasse aux œufs, je lui ai dit d’attendre que les cloches sonnent pour aller les chercher ». Au même moment, Roger Frétillon aperçoit une touffe de cheveux dépasser de la robe de chambre de sa femme.

« C’est pas possible, il y est encore fourré dans tes jupes ce gamin. »

2026.06.18. jeu.

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