Nous étions
partis pour les vacances
Laissant loin
notre lieu d’aisance,
La propriété en
bord du lac Léman,
L’abandonnant
sans larmoiement.
Nous avions
choisi un endroit sablonneux
Une ville de
mer où se promènent les vieux
Nous avions, tu
t’en souviens, à nous deux
Le double de
l’âge des plus urineux.
Ce matin-là je
m’en souviens très bien
Tu m’as
dit : Allons dehors ! Viens !
Nous nous
sommes retrouvés sur le sable
Nos pas nous
ont conduits, immuables.
Tout autour les
gens semblaient sortis
D’un tableau de
Francis Bacon pas fini.
L’idée te prit
de danser sans musique
Devant tout ce
monde, et sans tunique.
Les
regards sur nous questionnaient, gentils,
« Sont
drôles ceux-là et bien mal assortis. »
Pourtant
depuis des années, un siècle presque,
Notre
amour rayonne telle la Sixtine fresque,
Nous
en avons vécu des scènes : sa création
Ses
mots doux, ses tourments, ses adorations.
Il
y eut des pleurs, des cris, des torpeurs
L’angoisse
de se quitter étouffait nos peurs.
Au
rappel de cette vie ensemble embrassée
Nos
mémoires pleurent des larmes brassées
Ce
matin nous sommes las
Plus
capable de faire le moindre pas
Nous
avons beau nous encourager,
Nous
dire des mots tendrement enragés
Rien
n’y fait, immobiles, imperturbablement
Les
roues des déambulateurs se noient aux sables mouvants.
2026.06.18. jeu.
.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
de vous à nous...