Tu sais, je n’ai jamais été aussi déçu que ce matin-là.
Nous marchions sur un sentier enneigé, dans un décor de montagne.
C’était l’hiver, un hiver rigoureux comme on n’en voit plus, une saison comme on n’en connaît qu’au Pôle Nord, un hiver Esquimau. Dans ces rudes contrées, les habitants sont habitués au blizzard qui mord, qui s’infiltre et qui glace le sang. Jamais ils ne connaîtront « Un été indien »
Ce jour-là, nous marchions et malgré le froid, la nature nous offrait un décor féérique.
Je ne te connaissais que depuis l’été où tu m’étais apparue dorée comme un petit pain, tes longs cheveux blonds flottant au vent léger, sur une plage où les vagues venaient te lécher les pieds. Tu étais légère, souriante…
Nous marchions en bord de mer sur le sable doux et chaud, main dans la main, admirant reflets irisés et couchers de soleil.
Et te voilà, aujourd’hui, tétanisée par le froid, le corps enfoui sous d’épais vêtements, un bonnet, une écharpe trois fois enroulée autour de ton cou gracile, tes belles mains aux ongles manucurés cachées dans des moufles informes, tes jambes si belles enfermées dans d’énormes bottes fourrées.
Tes pas lourds, patauds, s’enfoncent dans la neige où tu manques cent fois de trébucher.
J’essaie de te faire sourire, de te faire apprécier le calme du paysage, les légers flocons qui voltigent autour de ton nez… mais rien n’y fait. Plus de rires, plus d’éclat dans tes beaux yeux bleus. Plus d’humour, une humeur massacrante.
« On ne s’aimera pas encore, l’amour sera mort »
Un amour d’été ne peut-il survivre que le temps d’une saison ?
2026.06.18. jeu.
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