Augmentation De La Recette par Ghislaine

 
Recette de la pâte brisée

(sans nommer le matériel ni les ingrédients)

 

Préparer son matériel et ses ingrédients, et savoir bien sûr mettre la main à la pâte.

Ce sera une pâte brisée, pas une pâte sablée ni une pâte feuilletée… donc pas besoin de sable ni de feuillets… Mais elle sera brisée dès le départ, donc bien avant de la briser pour la déguster.

 

Le matériel : un plateau gradué de 10 grammes en 10 grammes nécessaire pour la pesée.

Un récipient transparent issu de sable et autres composants chauffés à très haute température. Poser ce récipient sur le plateau nommé ci-dessus, mais ne pas oublier la tare avant d’y verser environ 200 grammes de poudre blanche. Poudre blanche provenant de grains d’un champ de blé passés chez le meunier pour être finement broyés et devenir poudre blanche mise en sacs ou paquets.

Ajouter une pincée d’un produit de la mer exploité dans les Salines.

Ensuite ramollir cet ingrédient que l’on met sur nos tartines le matin. Je parle ici de ce produit doré enveloppé dans une plaquette, et provenant à l’origine de la vache qui a donné généreusement et gracieusement son liquide blanc pour ne garder que le meilleur une fois baratté.

Puis avec des doigts de fée, amalgamer ce produit ramolli aux 200 g de poudre blanche et ajouter juste ce qu’il faut de liquide pur et transparent qui coule du robinet pour obtenir une belle pâte souple.

Laisser reposer.

 

Préparer un peu de poudre blanche sur le plan de travail. Prendre ensuite cet outil que l’on réserve parfois à un mari qui s’est attardé ailleurs un soir, mais bien utile pour rouler sur la pâte, l’aplatir encore et encore pour lui donner forme.

Déposer ensuite cette pâte brisée, sans la briser, dans un récipient composé d’une matière qui facilite le démoulage mais qui, peut-être, nuit à la santé, et appuyer tout autour pour obtenir un bord bien festonné.

Il ne restera, pour garnir cette pâte, qu’à découper de fines lamelles dans des fruits généreusement fournis par certains arbres et à les saupoudrer de petits cristaux blancs fournis par des betteraves ou de la canne à sucre. Et bien sûr, il faudra mettre le tout 30 minutes dans une cavité préalablement chauffée à 200 ° avant de se régaler.

2026.01.15. jeu.

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Mon Aminale De Compagnie par Ghislaine

 
Mon animal est un animal d’extérieur. Il est d’ici ou d’ailleurs. Il vit en général loin, très loin, peut-être dans une île…

À Haïti, en Tanzanie, en Hongrie, en Roumanie,

en Albanie, en Lituanie mais en tous cas pas en Italie

ni à Paris. Et en Nouvelle Zélande, il est en voie de disparition…

Et pourtant, croyez-moi, j’ai un kiwi. Il est petit.

C’est mon animal de compagnie.

Il n’aime ni le riz, ni les spaghettis,

ni les salsifis, ni les raviolis.

Les ouistitis sont ses ennemis.

Son dos est dodu, dodu comme les dunes du désert, son dos est dodu comme le dos du dindon.

Il aime les caresses des rayons de lune, la nuit, sur son dos dodu.

Il se désespère de ne pas pouvoir voler et d’appartenir, en quelque sorte, à la basse-cour, lui qui rêve de longs vols avec mouettes, grues cendrées, hirondelles, dessinant des courbes gracieuses dans l’azur.

Et il se retrouve cloué au sol comme un vilain petit canard ou une poule ordinaire, oiseau marron et terne, loin des couleurs flamboyantes d’un coq de bruyère.

Il a beau essayer les salamalecs avec son long, très long bec, personne ne vient s’extasier devant sa beauté et caresser son doux plumage.

Son cri « kiwi, kiwi ! » est pourtant gai mais son œil reste triste, éteint.

Pour lui, pas de niche, pas de doux coussin, pas de confortable corbeille.

Pour lui, un simple nid qu’il construit lui-même en creusant la terre de ses pattes et de son bec pour en faire son lit.

Et comme il est craintif, il dissimule son nid dans les buissons, à l’abri des regards. Il n’ose sortir que la nuit pour trouver seul sa nourriture. Pour lui, pas de croquettes, pas de bol de lait, pas de pâtée vitaminée. Une fourmi par ci par là, un ver de terre, une grosse araignée dans le meilleur des cas, parfois une myrtille ou une mûre oubliées au bord des chemins…

Mon kiwi, mon animal de compagnie, oiseau inapte au vol, ignoré par la nature et par les humains.

Brigitte, tu as oublié de défendre la cause des kiwis !

2026.01.15. jeu.

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Les Dix Mots 2026 - Supplément Illustré par Monique




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2025.12.19 jeu.

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Un Bal Au Moulin De La Galette par Pascale

 
J’enfile une robe bleu pâle, attache un ruban assorti autour de mes longs cheveux blonds : le nœud est très réussi. Puis, ma mère et moi, ma petite main douce coincée dans sa main remplie de bagues rugueuses, marchons comme chaque dimanche après-midi ensoleillé jusqu’au Moulin de la Galette.

À l’arrivée, comme chaque dimanche après-midi ensoleillé, je m’installe dans le coin habituel du banc habituel. Un ‘‘À bientôt ma Princesse’’ tout aussi habituel et ma mère file sur la piste de danse, loin, le plus loin possible.

Isolée dans le coin habituel du banc habituel, il me faut attendre son retour lointain, pétillant ou dépité. Attendre qu’elle revienne, accompagnée ou seule. Attendre un : ‘‘Suzanne, je te présente Monsieur...’’ ou rien. Attendre là, devant la bouillie de ces robes agitées et le fouillis de ces chapeaux ridicules. Attendre dans le bruit de cette musique de vieux et les gloussements de basse-cour. Attendre l’éventuelle grenadine à l’eau que ma mère m’offrira à son retour si son humeur le permet.

Sauf que ce dimanche, tout bascule. Alors que l’ennui glisse en moi, sature mes yeux blasés noyés sur la piste de danse, un ‘‘Mademoiselle, je peux ?’’ balaye de mes oreilles la cacophonie ambiante.

Un garçon, costume noir, chemise blanche, tête nue, cheveux souples, sourire magnifique et mon ‘‘Oui’’ plutôt timide.

Il s’assoit à côté de moi, on se présente. On parle, on se regarde. On plaisante, on rit. J’oublie les froufrous stupides, les canotiers crétins. On ne danse pas : ce truc, c’est pas de notre âge.

Soudain la voix agacée de ma mère : ‘‘On y va, Suzanne. Dépêche-toi, je t’attends.’’

- À bientôt, Belle Demoiselle.

- À bientôt Félix.

Je m’éloigne, me retourne. Nos mains s’agitent. Retour à la maison : ma mère devant, moi derrière. Les bagues rugueuses ne coincent pas ma main.

Le vent tourne, Moulin. Vivement dimanche.

2025.11.13 jeu.

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Haïkus Allitérés Et Dansants par Pascale

D’une fleur à l’autre 
Swingue twiste papillon agile
Une si courte vie...
 
Place Reine des reinettes
Un jongleur expert exprime
La valse des pommes

 
Éloigner la ville
Le bal des oiseaux enfin
Toucher la nature
  
Slow en boîte de nuit
Corps à corps de la jeunesse
Coule la Tamise

2025.11.13 jeu.

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Thé Dansant À Litéré par Pascale


Thé Dansant À Litéré
 

Terrible tempête à Taillette. Salle des fêtes, t’es tourneboulée, t’as ton toit tout détuilé. Dimanche altéré ? Thé dansant, tintin ? Niet. Trois tontons de Taillette ont tout rattrapé. Salle des fêtes déchapeautée : chapiteau installé. Toile adaptée, adoptée. Rantanplan, tout peut débuter.

Momo Menu ôte de sa musette son harmonica unique, mythique à Taillette. Les notes fusent, musent, s’amusent : mini musaraignes musicales musardeuses. Des corps musclés ou pas musclés, se meuvent, se mouvent, tous musiqués. Et certains matchent, s’émeuvent, s’émouvent : musique magique, magie musique. Momo Menu, Momo ému, inimitable inoubliable.                      

Taillette dimanche, Taillette en danse, inévitable, inépuisable.

2025.11.13 jeu.

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Augmentation De La Recette par Pascale

 
EN CUISINE
 

RECETTE POUR UN GRATIN DE COQUILLETTES INOUBLIABLE

 

MATÉRIEL :

Une cuisinière bichonnée au quotidien.      

 

USTENSILES :
— Un plat allant au four de forme rectangulaire aux dimensions adaptées : longueur, largeur sans oublier la hauteur. Des dimensions trop basses ou trop élevées nuisent à l’élégance d’un gratin. Un plat en céramique bien sûr. Tout plat en métal est à exclure.

— Votre casserole favorite et le couvercle correspondant. En cuisine, la fidélité est essentielle.

— Une cuillère en bois patinée par le temps. Le vécu est gage d’expérience.

— Une râpe à fromage classique, expérimentée elle aussi.

— Un saladier design décoré de motifs hauts en couleur afin d’égayer votre travail.

 

INGRÉDIENTS :
— 1 paquet de coquillettes taille standard ou 1 paquet de cornettes, taille standard également, si vous faites votre achat en Belgique ou en Suisse.

— 3 œufs de la poule préférée de votre meilleur ami.

— 1 morceau de Comté déclassé acheté au marché (marché couvert ou en plein air) râpé par vos soins.

— 1 quantité de lait frais entier correspondant à la taille du gratin envisagé.

— Sel de mer et poivre du moulin à votre convenance.

 

PRÉPARATION :

— Jetez harmonieusement les coquillettes dans l’eau bouillante préalablement salée.

— Goûtez-les régulièrement afin d’interrompre la cuisson au moment opportun. 

— Mélangez soigneusement tous les ingrédients dans le saladier en suivant l’ordre établi par vous-même. Une recette se doit de laisser un espace d’autonomie à son réalisateur.

— Déplacez la composition alimentaire obtenue dans le plat rectangulaire en mobilisant votre concentration afin de respecter le parallélépipèdisme rectangulaire indispensable à la qualité d’un gratin.

— Éparpillez des filaments de Comté déclassé supplémentaires sur la face visible du volume réalisé.

— Installez-le dans le four à température adéquate en évitant tout choc du plat sur la plaque de cuisson. 

— Entourez-le de toute votre attention au cours de l’étape finale afin de lui accorder le moelleux de corps et le gratinage de surface qu’il mérite.

— Éteignez le four, attrapez vos maniques, libérez le plat et son locataire.

— Admirez votre création, autorisez-vous un selfie bien mérité.

 

 

Félicitations pour votre œuvre culinaire. Bonne dégustation conviviale et poétique.

Expérience à renouveler sans modération.

2026.01.15. jeu.

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