Une Phrase De Plume Voisine… par Thierry

 
Et si je prends ma vessie pour une lanterne, ma prostate en sera-t-elle la mèche ? Et qu'est-ce que je vais éclairer là comme baliverne, du fond de mon pantalon ? Confondre le lard et le cochon, prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages, mélanger les torchons et les serviettes ou encore voir midi à quatorze heures.

Allo l'Académie, pouvez-vous me passer le service des vessies-lanternes ? Non ce n'est pas pour une incontinence, mais pour un éclairage... Oui, je connais votre expertise en incontinence, mais pourra-t-elle mettre en lumière ma lanterne ? Vous... vous êtes académicien et pas électricien et... que j'ai pris ma vessie pour une lanterne en vous contactant. C'est un cas d'école ? Ah ben si vous le dites.

Allo l'académie ! À l'Académie, on m'a parlé d'un cas d'école à propos de ma vessie, que j'ai prise pour une lanterne. Alors, pourquoi l'école n'a pas fait son boulot quand j'y étais ? Hein...Vous dites ? Si je crois que vous n'avez que ça à faire ? Que... je prends ma vessie pour une lanterne.

 

Décidément on veut me faire croire n'importe quoi. J'ai quand même réessayé, mais même la vessie pleine, la lanterne reste éteinte.

2026.02.12. jeu.

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Et si je prends ma vessie pour une lanterne
Phrase gracieusement offerte par Hug

Je Suis… Comme… par Thierry

 
Je suis souple comme une cerise

Dire que toute ma longue vie, je parle là en temps de cerise bien sûr, j'ai vécu pendouillante à tous les vents, accolée à une jumelle en tout point ma semblable. Suspendue à une branche du bout de ma queue souple, d'abord fleur blanche délicate aguichant les abeilles, puis baignée de soleil, un peu plus rouge et rebondie chaque jour, je me la coulais douce. À l'apogée de ma séduction, c'est rien de le dire : j'avais la cerise. Et puis la main de l'homme mit le pied à l'échelle pour assouvir ses bas instincts. Je fus arrachée à ma branche et, rejoignant mes consœurs captives dans un panier, j'entendis cette tirade d'humoriste avec l'accent belge : "Ah ça une fois. Il faut cueillir les cerises avec la queue, j'avais déjà du mal avec la main hein !" J'ai pas ri, j'avais plutôt le noyau en travers. Je me consolai en m'imaginant devenir reine d'un clafouti.

 

Malheureusement, ça n'a pas été moi la cerise sur le gâteau. J'ai posé mon noyau chez un certain Guy Gnolet, qui habite une vieille maison d'un style un peu kirsch. Maintenant, je marine dans de l'eau de vie, collée à la paroi d'un bocal sur une étagère. Nous sommes quelques dizaines ainsi, ratatinées et cramoisies, à se demander en nous voyant, si nous ne sommes pas tombées au cantou des cerises ? Pour nous distraire, nous observons le poisson rouge qui tourne en rond dans son bocal, face à nous. Pas facile de convenir du sort le plus enviable ; il tourne sans but ni compagnie et nous, nous disparaissons régulièrement par petite cuillerée.

 

Cependant ce matin, il y a de l'animation. Enfin, animation ? Devant l'étagère, il y a un hurluberlu planté comme un poireau, qui nous regarde fixement. Il n'a ni la cuillère pour nous attraper, ni le verre pour nous siroter. Que peut-il bien nous trouver de si fascinant ? Il se rapproche un peu et j'aperçois un bout de papier dans chacune de ses mains. Son regard, va lentement de l'un à l'autre, puis toujours aussi lentement se lève vers nous. Il nous fixe brièvement, puis c'est reparti pour un tour ; le papier gauche, le droit et le bocal. Cela dure un bon moment et me laisse déchiffrer sur le morceau à sa main gauche : "je suis souple comme" et, sur l'autre : "une cerise". Ça le laisse bigrement perplexe. On sent qu'il y a plus de noyaux dans notre bocal que de neurones dans le sien. À défaut de souplesse et pour l'aider, j'envisageai sur un papier : "t'es con comme" et sur un autre : "un poisson rouge". Qui de la tête de l'ahuri ou du poisson allait le mieux restituer l'image ?

2026.02.12. jeu.

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La Vénus A Mis L'Eau… par Thierry

 
Pluie contemporaine

Des seaux buvant leur gouttière

Le centre Aragon

 

Ah si j'avais mes deux bras ! En plus de vous dévoiler ma collection de tatouages "Malabar de l'Antiquité", je vous en tricoterais du haïku. Déjà que grecque, on m'affuble d'un nom romain ; on peut bien y rajouter anachronisme japonais ? Ça me divertit de toutes ces classes ricanantes et cohortes d'incultes, qui défilent avec leur "pas de bras, pas chocolat".

Moi, c'est surtout pour l'envie de leur coller des tartes, qu'ils me manquent mes bras. Quelquefois donner une tape amicale et encourageante, aux rares originaux, qui y vont de leur "pas de bras, pas de moussaka". La franche accolade au visiteur, qui me prêta un jour d'être si jalouse et hargneuse, qu’Apollo (sic) contrarié m'amputa en clamant : "plus de bras, plus de pugilat !"

 

Dire qu'ils sont tellement bêtes, que les bras m'en tombent, il n'y a qu'un pas que je ne ferai pas, puisqu'il me manque un pied. Par ailleurs, de constitution autant que d'esprit, je reste de marbre devant tous ces admirateurs de moignons ou, vu mon décolleté, plus sûrement d'entre-moignons et, pour quelque fétichiste chignonophile, de ma coiffure.

Mais bon, il me faut bien l'observer et m'en faire passe-temps : beaucoup hypnotisés par le haut, bien peu remarquent qu'il me manque un pied. Pourtant je voudrais vous y voir, jours et nuits à faire le pied de grue. C'est long ! Heureusement encore, le marbre rompt mais ne plie pas. Alors quand j'entends : "ils ont pas eu le temps de le chercher, il a fallu l'exposer au pied enlevé", le marbre rit et le haïku afflige :

 

Il manque un pied

La vénus a mis l'eau

Ouzopédie

2026.02.12. jeu.

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Une Phrase De Plume Voisine… par Michèle

 
Il pleut bergère, entre tes blancs moutons.

Là-bas dans la chaumière, bergère vite allons.

Ici sous le feuillage, il n’y a guère d’abri.

Voici venir l’orage, voici venir la pluie.

Bergère, n’as-tu pas vu la météo ?

De gros nuages noirs arrivent dans ton dos.

Vite, bergère, siffle le chien, qu’il regroupe le troupeau !

Tes pauvres moutons blancs n’aiment pas prendre l’eau.

Ramasse tes affaires, n’oublie pas ton tricot,

Ton chien déjà s’affaire auprès des doux agneaux.

Le troupeau rassemblé, en route petit à petit,

Voici la chaumière, tout le monde est à l’abri.

Puis tombe la nuit.

Bergère, au fond de ton lit,

Auprès de tes brebis,

Écoute chanter la pluie.


2026.02.12. jeu.

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Il pleut bergère, entre tes blancs moutons.
Phrase gracieusement offerte par Jean-Marie.

Je Suis… Comme… par Michèle

 
Je suis compliquée…comme un passage pour piétons
 

Je suis compliquée, ça c’est sûr. Inutile de me le faire remarquer, ça ne date pas d’hier. D’ailleurs je ne vous dirai pas ma date de naissance même pas juste (Leblanc) l’année.

Mais, compliquée comme un passage pour piétons ? C’est la première fois que l’on compare mes complications à un passage pour piétons.

C’est peut-être pour cela que je n’ai jamais réussi à me perfectionner : c’est la faute au passage pour piétons. Mon psy, quelle cruche ! Il n’a jamais saisi ce parallèle entre moi, si compliquée et un passage pour piétons.

Pourtant, ça paraît évident ! Car si vous regardez bien, c’est pas simple un passage pour piétons. Il faut être très attentif pour traverser, regarder à gauche, à droite, réitérer. Ne pas traverser d’un coup en se croyant protégé par de simples bandes de peinture au sol en se disant « la voiture va s’arrêter ». Non ! Jamais ! Vous connaissez l’histoire de Paf le chien ? Il pourrait vous arriver la même chose.

 

Un passage pour piétons, ça peut être très compliqué si vous voulez respecter au mieux les bandes transversales sans poser les pieds sur la chaussée : il faut essayer de sauter de bande en bande (pas forcément à pieds joints ce qui s’avère encore plus difficile). Ce n’est pas facile à tout âge. Le grand-père là-bas avec sa canne, il ne s’y risque pas. La dame avec la poussette non plus. Par contre l’enfant qu’elle tient par la main tente plusieurs essais.

Notez qu’en cas de pluie ces bandes blanches peuvent s’avérer glissantes. C’est piégeux un passage pour piétons. Et compliqué car il ne se trouve pas toujours à l’endroit où vous voulez traverser. Il est souvent situé aux ronds-points, là où la circulation est la plus dense et où nous, pauvres piétons, avons le plus de mal à contrôler l’arrivée des véhicules avant de nous élancer sur le passage salvateur où l’on pense être en sécurité.

 

Certaines personnes parlent encore de passage clouté pour désigner le passage pour piétons qui, à l’origine était constitué de deux rangées de clous directement plantés dans les pavés des routes. Ce terme de « clouté » n’évoque-t-il pas le piège potentiel généré par le passage pour piétons ?

Et méfiez-vous aussi des passages pour piétons que vous traversez sans faire attention surtout si vous êtes daltoniens. Ils peuvent être accompagnés d’un feu tricolore avec un petit bonhomme vert ou rouge ! Attendre que le petit bonhomme soit vert, ne pas confondre les couleurs, s’assurer que les conducteurs respectent aussi le feu…

 

Donc, il s’avère effectivement que c’est compliqué un passage pour piétons. Pas rassurant, n’est-ce pas ? Et si je suis compliquée comme un passage pour piétons, ce n’est pas ma faute. C’est la faute du passage. Le passage clouté, comme l’indique son ancien nom, peut être semé d’embûches. Pas faciles à contourner. Donc ma vie reste compliquée… comme un passage pour piétons.

2026.02.12. jeu.

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La Vénus A Mis L'Eau… par Michèle

 
Mais qu’est-ce que je fais depuis plus de deux cents ans dans ce musée du Louvre, si loin de chez moi ?

J’étais si bien dans ma Grèce natale si chaleureuse sous le soleil. Et me voilà dans cette pièce froide, lugubre, à peine éclairée. Et, bien sûr, rien pour me couvrir. Ces Français, quel manque de tact, de pudeur, d’empathie !

 

A l’origine, ma statue ornait les thermes de Mélos où je travaillais en tant que prêtresse des eaux. Issue d’une famille aisée, ma beauté attirait de nombreux baigneurs. C’était il y a plus de deux mille ans ! Les bras m’en tombent. Ils étaient si beaux mes bras. Les archéologues ont eu beau fouiller, ils sont restés introuvables : peut-être des pilleurs sans scrupules étaient passés par là ? Peut-être leur servent-ils maintenant à se gratter le dos ? Ou autre ? Je ne veux pas le savoir.


Donc je vais vous décrire mon image originelle. Mon bras gauche dont il ne reste rien était élégamment relevé. Il tenait un récipient typique grec posé sur l’épaule, peint en noir et orné de scènes en rouge et ocre représentant des déroulements de bains dans les thermes. Sur mon bras droit replié devant moi il y avait une grande serviette moelleuse destinée aux usagers.

Le broc tenu sur mon épaule gauche contenait une eau pure tiédie enrichie d’une huile délicatement parfumée. Moyennant un petit supplément qui s’ajoutait aux frais d’entrée aux thermes, je rinçais les baigneurs qui le désiraient après leurs ablutions. De plus, après le passage de plusieurs occupants dans le bassin central ou les petites cuves individuelles, l’eau n’était pas si pure qu’on veut bien le croire donc c’était une bonne précaution.

 

Mon nom à l’époque était déjà Venus. Pour ça, j’ai de la chance, rien de changé. À chaque rinçage le gérant des thermes annonçait : « la Vénus a mis l’eau » et comptabilisait le nombre de cruches versées afin de récupérer les taxes dues.

En tant que prêtresse des eaux, j’étais très respectée tant par les hommes que par les femmes qui fréquentaient les thermes. La clientèle était nombreuse et bienveillante. Beaucoup d’hommes profitaient du sport dans le stade voisin avant de venir se baigner. Les gens se détendaient, prenaient le temps de discuter, se donnaient rendez-vous pour revenir ensemble plus tard.

Rien à voir avec ce remue- ménage autour de moi dans cette pièce froide comme mon marbre. Tous ces visiteurs incessants me fatiguent, tout le temps à me dévisager sans vergogne en s’attardant sur mon buste. Et beaucoup parmi eux auraient besoin d’un bon bain, je vous le confirme, mon nez ne peut rester de marbre.

 

En tout cas ils ne se posent aucune question sur ma vie antérieure. Ah, s’ils savaient !

J’étais « La Vénus a mis l’eau ».

2026.02.12. jeu.

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Une Phrase De Plume Voisine… par Ghislaine

 
Je me demande si j’ai eu raison de venir.
 

Je suppose qu’on se pose toutes et tous la même question le jour de l’Atelier d’Ecriture.

Pour certains, c’était « être ou ne pas être »

Pour nous, c’est « venir ou ne pas venir »

Les bonnes raisons pour ne pas venir : il pleut, il fait froid, je suis en retard, ma voiture ne veut pas démarrer, j’ai un peu mal à la tête…

Nos raisons, mais de fausses réponses, des prétextes.

Il faut bien le dire, on a un peu peur. Peur de ne pas avoir d’idées, de ne pas être inspiré par le sujet, peur de la page blanche, peur de se dévoiler, peur de la banalité, peur de ne pas être à la hauteur des attentes de notre animateur, peur de sortir de son confort…

 

Mais oui, on a toujours raison de venir. Partage et convivialité, humour, occasions de ne pas s’isoler.

Au lieu de messages virtuels sur les réseaux sociaux (asociaux ?), avoir des échanges réels, riches par leur diversité et toujours intéressants.

 

Oui, il faut venir… et revenir !

2026.02.12. jeu.

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Je me demande si j’ai eu raison de venir.
Phrase gracieusement offerte par Fabienne.

Je Suis… Comme… par Ghislaine


Je suis riche comme… un téléphone
 

Je suis riche comme Crésus, comme un PDG, comme un paradis fiscal, comme les Îles Caïman, comme un exploiteur, comme un tricheur, comme ceux qui ont fait fortune en Bourse ou ailleurs, comme celui qui a joué… et gagné.

 

Pas du tout, rien de tout cela pour moi.

Et pourtant je suis riche. En y réfléchissant bien, je suis riche comme… un téléphone.

Non, ne riez pas.

Oui, vous m’entendez bien, comme un téléphone.

 

La sonnerie mélodieuse que j’ai choisie retentit.

C’est un ami qui vient prendre de mes nouvelles.

Un autre dont je n’avais plus de nouvelles depuis un certain temps.

Un qui m’annonce une bonne nouvelle : naissance, mariage…

Un autre parfois, qui m’annonce une mauvaise nouvelle, ou qui se sent triste ou seul et que je vais pouvoir consoler.

Un autre encore qui m’invite à un apéritif, à un bon repas, à une soirée musicale.


Ma richesse, elle est là.

Dans mon téléphone qui me relie à tous ceux qui me sont chers.

Je suis bien riche… comme un téléphone.

2026.02.12. jeu.

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La Vénus A Mis L'Eau… par Ghislaine

 
La Vénus a mis l’eau, la Minus à vélo… Un peu de respect, voyons : la Vénus de Milo.
 

Statue de marbre, immobile, altière, tête légèrement inclinée, rêveuse, à demi vêtue ou à demi dévêtue. Sur son piédestal, elle nous regarde passer. Son regard doux se pose sur nous, indifférents, simples touristes de tous pays ou au contraire amateurs d’art éclairés.

Son visage est empreint de beauté, on la verrait presque sourire. Elle apprécie quand nous nous arrêtons devant elle, longuement, car beaucoup de touristes n’ont parfois qu’une idée en tête, aller au plus vite dans la salle où se trouve la Joconde.

La Joconde, dans une petite salle, ce tout petit tableau mitraillé par les portables, regardé à travers les écrans de ces mêmes portables par des touristes entassés, sur la pointe des pieds pour essayer de l’apercevoir.

Vénus, elle, dans la grande et magnifique salle de l’aile Lully, majestueuse statue de marbre, amputée de ses deux bras, sculptée et caressée par les mains d’un sculpteur anonyme, ses hanches et ses jambes drapées d’un tissu de pierre où chaque pli a été minutieusement dessiné. Sa chevelure tressée encadrant son beau visage.

Elle n’a pas mis l’eau. Peut-être a-t-elle pris l’eau ?

Sort-elle de son bain, d’une rivière fraîche où elle s’est longuement baignée ?

Difficile de s’arracher à la contemplation d’une si belle œuvre.

Arrêt, rêverie, questions, suppositions… comment a-t-elle pu perdre ses bras ?

 

Plus de bras… A-t-elle appris une nouvelle si extraordinaire que ses bras lui en sont tombés ?

Peut-être a-t-elle assisté, dans la nuit, à la fuite des malfaiteurs qui ont dérobé bijoux et couronne ? Le fameux casse audacieux du musée du Louvre.

Elle a regardé ce sacrilège, le vol d’œuvres d’art, impuissante, coupable de ne pas pouvoir intervenir, clouée sur son socle.

Et en même temps, se sentait-elle rassurée, lourde, forte, ancrée à son support ?

 

Un si long voyage à travers les siècles, de son île grecque à Paris. Déjà un si long passé derrière elle, a-t-elle un sentiment d’immortalité ?

2026.02.12. jeu.

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Je Suis… Comme… par Michel


"Je suis têtue comme... une gomme"
 

Je suis lisse, souple, molle, le teint pâle, car je vis la plupart du temps bien cachée dans le noir au fond d'une trousse.

De ce fait on me croit timide, mais je suis plutôt têtue, très têtue.

Parfois bleue, blanche et rouge je suis un peu patriotique.

Je ne supporte aucune tâche, aucune rature, aucun trait mal formé, aucun dessin aux contours incertains, aucune couleur qui dépasse d'un croquis.

Posée négligemment sur le bout d'une table, je suis attentive à la moindre erreur de l'écrivain, du dessinateur.

Dès qu'une lettre mal formée attire mon attention, je bondis (ma souplesse me le permet), tel un lièvre qui surgit de son terrier, et je rectifie la ligne disgracieuse.

Un enfant fait un dessin avec ses crayons de couleurs, couleurs qu'il étale partout (beaucoup plus à l'extérieur du croquis qu'à l'intérieur), je me réjouis, je salive, je me roule sur celles-ci en avant, en arrière, de côté, je me maquille à outrance, je m'habille de bleu, de blanc, de vert, de jaune, de rouge.

Je me délecte.

Je ressemble à tous ces fidèles en Inde le jour de la fête de Holi pour rendre hommage au dieu Khrishna.

C'est magnifique.

Je veux la perfection. Oui je suis têtue, opiniâtre, mais cela a un prix.

Chaque fois que j'interviens, je perds un peu de poids, je maigris, je diminue de façon irrévocable, jusqu'à disparaître lentement, mais la tête pleine de souvenirs tout en couleurs.

2026.02.12. jeu.

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