La
Cigale et la Fourmi – « Si c’était moi… »
Je suis une fourmi, minuscule mais
travailleuse et efficace. Je passe l’hiver dans ma fourmilière bien achalandée
car le reste de l’année c’est plutôt boulot-dodo en continu. Je transporte la
moindre nourriture pendant des heures afin de l’emmagasiner dans notre
garde-manger collectif. Je suis capable de porter des charges soixante fois
plus lourdes que moi. Et voilà que pendant que moi et mes collègues on bosse
sans s’arrêter, sans congés ni weekends ni RTT ni arrêts maladie, notre idiote
de voisine, à savoir une cigale, passe tout l’été à chanter en frottant ses
élytres. C’est horrible, monotone, discordant. La moitié de mes congénères est
devenue sourde et l’autre moitié n’entend plus… Ce vacarme, je n’appelle pas ça
du chant, m’indispose, me tape sur le système nerveux. J’ai l’impression d’être
narguée de mai à septembre.
Puis voilà qu’un beau jour, ou plutôt
un mauvais jour, car la bise soufflait méchamment, la cigale vient frapper à la
porte de la fourmilière. Maigre, affamée, elle a le toupet de demander l’aumône
pour tenir le coup jusqu’au prochain été. Elle est même prête à
rembourser ? Avec quoi ? Comment ? Surtout pas en chantant,
quelle blague… Je lui demande donc ce qu’elle a bien pu faire l’été, elle me
répond qu’elle avait passé son temps à chanter. Ça, malheureusement, je m’en
étais aperçue. Je lui conseille donc de danser maintenant pour se réchauffer. Car,
foi de fourmi ouvrière qui se respecte, pas question de nourrir une fainéante
et de puiser dans la réserve de notre communauté. Je lui ai quand même
conseillé d’aller frapper chez le criquet voisin, un certain Coluc…
2026.03.12. jeu.
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