J'Y Étais... par Christine

(Pour voir la scène "Le Déjeuner des canotiers" d'Auguste Renoir c'est par ICI ou par LÀ.)

Le déjeuner des canotiers

 

 On était un petit groupe d'amis, jeunes et insouciants. Toute la semaine on était sérieux et on travaillait avec entrain.

Parfois l'un d'entre nous proposait une sortie pour partager un moment de détente. C'était toujours le même qui prenait les devants et c'était toujours la même proposition : une guinguette au bord de l'eau.

 Un dimanche de mai, la chaleur était déjà là et le printemps nous mettait des étoiles au cœur. On prend le train gare Saint-Lazare.

 Chacun s'est habillé pour l'occasion, robes et corsages du dimanche, chapeaux de paille fleuris ou canotiers. On est heureux, la vie est belle !

 Après une demi-heure de trajet on descend au milieu de la campagne. Aussitôt on oublie la ville étouffante. On retrouve une animation joyeuse et bruyante, de loin on entend la musique. Tout le monde est là pour s'amuser et profiter de la vie.

 Il y a ceux qui sont venus tôt pour prendre une barque et descendre la Seine à la rame. Un effort qui vous emplit les poumons d'air pur et d'odeurs de rivière, d'herbe et de fleurs. De quoi vous décrasser de la ville et vous aiguiser l'appétit.

 Le soleil donne chaud et rougit les visages. Vers midi on se pose à l'ombre sous les arbres ou sous les toiles des terrasses. Le vin blanc et léger désaltère, les odeurs de cuisine mettent l'eau à la bouche. Tout le monde s'attable.

 Il y a là des étudiants et des ouvriers, des jeunes employées et mêmes des artistes venus goûter l'ambiance de fête et tirer le portrait des belles.

On parle, on échange d'une table à l'autre. On se connaît de dimanche en dimanche, on connaît le patron et la cuisinière.

 Les filles prennent des poses, les hommes bombent le torse. A la fin du repas chacun raconte ses faits d'arme, on parle de l'avenir qu'on voit beau avec l'insouciance du lendemain quand le présent est généreux.

 L'après-midi passera en délassements et en conversations jusqu'au soir qui ramènera chacun chez soi, des promesses et des espérances plein le cœur.

 Journée faite de riens éphémères et légers qui s'envolent comme le printemps. Instants de vie sans importance qu'on oubliera, à moins qu'un magicien ne fixe sur la toile ce bonheur lumineux et futile.

2023.04.20 jeudi

 



J'Y Étais... par Monique

 (Pour voir la scène "Le Déjeuner des canotiers" d'Auguste Renoir c'est par ICI ou par LÀ.)

Quelle belle journée ensoleillée ! Aujourd'hui j'ai rendez-vous avec des amis. Nous devons nous retrouver dans une petite guinguette au bord de l'eau. C'est l'occasion rêvée d'étrenner mon nouveau chapeau, une merveille, orné de rubans et de guirlande de fleurs. Mon petit caniche, Fifi, dans les bras je saute dans un taxi et en route. Arrivée à destination, j'ai la surprise de trouver Ernestine et Anselme déjà installés autour d'une table.

MOI. — Bonjour les amis !

ERNESTINE. — Oh Eleonora ! Bonjour ! Bonjour Fifi !

ANSELME. — Tu es toujours aussi resplendissante à ce que je vois !

ERNESTINE. — Et quel magnifique chapeau ! Où l'as-tu trouvé ? Il faut absolument me donner l'adresse !

MOI. — Dans une petite boutique 18 rue de la feuillée, on y trouve des choses extraordinaires et d'un prix encore abordable. Lucien n'est pas encore arrivé ?

ANSELME. — Comme d'habitude, il a encore dû oublier de se réveiller.

ERNESTINE. — Mais non, pas de panique, le voilà justement qui arrive.

LUCIEN. — Bonjour à tous ! J'étais en route sur mon vélo et j'ai crevé. Alors j'ai dû réparer.

ANSELME. — Puisque tout le monde est là, on va pouvoir commander. Garçon s'il vous plait ! Alors, en apéritif anisette pour tout le monde ?

ERNESTINE. — Un porto pour moi, je préfère.

ANSELME. — Bon, alors 3 anisettes et 1 porto.

Peu après le serveur nous apporte nos consommations. Ernestine lève solennellement son verre.

ERNESTINE. — À la santé des quatre meilleurs amis du monde !

ANSELME. — Et des deux plus belles filles du monde !

MOI. — Et des garçons les plus chouettes que je connaisse !

LUCIEN – Et… Euh ! À notre santé à tous !

Pour la suite nous nous sommes mis d'accord pour quatre menus du patron : hors-d’œuvre, jardinière de légumes, filets de perche à la crème et son riz, le tout accompagné d'un bon petit vin blanc d’Arbois, ensuite un bordeaux rouge avec le fromage et pour finir vacherin glacé arrosé d'un merveilleux champagne. Après ce plantureux repas entrecoupé de rires, d'anecdotes, nous n'avons plus envie de nous séparer.

 

ERNESTINE. — Il fait un temps superbe ! Un temps idéal pour aller canoter. Si on louait une barque ?

LUCIEN. — Excellente idée !

ANSELME. — Oui mais on devrait commander un supplément de calories pour Lucien vu que c'est lui qui va ramer !

LUCIEN. — Comment ça ? C'est moi qui vais ramer ! Et toi !

ERNESTINE. — Voyons ! Tu sais bien qu'Anselme est un artiste, il est si délicat, il n'a pas tes muscles.

ANSELME. — J'ai justement apporté mes carnets de croquis, pendant que nous prenons un digestif, je vais immortaliser notre repas, je pourrais aussi faire quelques dessins sur le lac.

LUCIEN. — Et ton chien Eleonora ! Quelle idée de l'avoir amené. S'il tombe à l'eau, ne compte pas sur moi pour aller le repêcher.

MOI. — Je ne pouvais quand même pas le laisser tout seul, ce cher petit trésor. Mais ne t'en fait pas, je vais bien le tenir dans mes bras, de plus il est très sage, n'est-ce pas mon Fifi chéri ?

LUCIEN. — Et puis ne pose pas ton chien comme ça sur la table ! je ne veux pas de poils dans mon cognac.

MOI. — Oh ! Lucien, là tu deviens blessant !

Pour mettre fin à cette petite altercation Anselme se lève et se penche vers Ernestine pour l'aider à se lever de table.

ANSELME. — Alors, on y va !

ERNESTINE. — En route pour l'aventure !

LUCIEN. — Permettez ! permettez que je finisse mon verre ! Le dernier verre du condamné au galère !

2023.04.20 jeudi

(La) Première Fois... / (La) Dernière Fois... par Monique

La première fois où j'ai utilisé une machine à laver, les plombs ont sauté et elle a décollé de terre dans un bel éclair bleu.

La dernière fois où j'ai utilisé une machine à laver, c'est dans une laverie, c'est mieux, on risque moins de cramer sa maison !

----

La première fois où je suis allée dans une laverie, j'ai oublié de vérifier la température. Bilan une couverture en pure laine transformée en carpette à chat !

La dernière fois où je suis allée dans une laverie, j'ai oublié de mettre la lessive. Bilan lessive à refaire !

----

La première fois ou j'ai repassé, j'ai oublié de réglé le thermostat et j'ai cramé un chemisier en soie !

La dernière fois ou j'ai repassé, c'est le fer que j'ai cramé !

----

La première fois ou j'ai fait un flan au chocolat, le plat a explosé et j'ai cramé le dos du chien !

La dernière fois ou j'ai fait un flan au chocolat, oh ! miracle ! Le plat a résisté et ensuite j'ai pu me régaler !

----

La première fois où j'ai conduit, ou plutôt j'ai essayé de conduire, j'ai enfoncé le grillage du poulailler du voisin. Les poulets "à plumes" ont eu chaud !

La dernière fois où j'ai conduit, eh ! bien il n'y en a pas, vu mon premier essai, j'ai renoncé à passer le permis. Les poulets " gendarmes " ont eu chaud !

----

La première fois où je suis allée au zoo, ma mère, affolée, me cherchait partout, j'étais passé entre les barreaux de la grille de l'enclos et me trouvais au milieu des girafes.

La dernière fois où je suis allée au zoo, j'ai regardé bien sagement les girafes de loin, il est vrai que pour passer entre les barreaux de la grille, maintenant c'est cuit !

----

La première fois où j'ai bu du champagne. Bah ! Quel drôle de goût !

La dernière fois où j'ai bu du champagne, Ah ! Que c'est bon ! J'en reprendrais bien une coupe !

----

La première fois où j'ai fumé, c'était une cigarette, une gauloise sans filtre.

La dernière fois où j'ai fumé c'était un cigarillo, un Davidoff. Belle progression dans l'échelle sociale !

----

La première fois où ma mère a utilisé son fauteuil de relaxation, en le remettant en position assise, elle a emprisonné le chat à l'intérieur, heureusement qu'un bout de queue dépassait !

La dernière fois ou ma mère a utilisé son fauteuil, le chat prudent, est bien resté sur ses genoux !

----

La première fois où le chat a entendu le chien aboyer, il a carrément fait un slalom autour des tableaux accrochés au mur !

La dernière fois où le chat a entendu le chien aboyé, alors là, maintenant il s'en fout il a l'habitude !


2023.04.20 jeudi