21 h. Une Femme, Avec Une Valise... par Christine

Ce matin, je n'ai pas mis le réveil. Pourtant la journée va être longue.

Quand j'ouvre les yeux la chambre est sombre. Il est dix heures. Déjà !

Je me lève et j'ouvre les volets. Je n'ai pas de temps à perdre. Surtout, ne rien oublier.

Le petit déjeuner, comme d'habitude. Ensuite je vais, comme promis, planter une anémone du Japon dans le massif désherbé hier. Il faut tenir ses promesses ! En passant je taille un buisson qui a pris trop d'ampleur et gêne le passage. Dans la foulée je retaille un peu la boule du buis. Puis je coupe tous les iris maintenant défleuris. Il fait chaud et je transpire sous le soleil de midi. Les cloches du village ont sonné, le temps a passé vite. Je suis si bien ici !

Vite renter, se doucher, déjeuner, préparer la valise. Surtout, ne rien oublier. Les trains n'attendent pas.

C'est prêt. J'ai pris mes papiers, mon livre, mes pilules, mon téléphone, les clés. Misère j'allais oublier mon chargeur ! 

C'est bon, il faut que j'y aille. Pour l'instant direction Oyonnax, la médiathèque. Ensuite il faudra faire vite, retourner à Bourg, dîner rapidement près de la gare pour ne pas rater le train. Il faut surveiller l'heure. Cela me pèse tellement de partir. Obéir à son devoir plutôt qu'à son désir ?

Il est 21h. Le train est là. Mais il partira sans moi. Ce soir je dormirai ici.

2022-10-13 jeudi

 

Le Sel De Ma Vie (inspiration : Françoise HÉRITIER)... par Christine

C'est l'orange du matin au petit déjeuner ; le soir me glisser dans des draps propres et repassés.

C'est regarder un paysage d'automne ou redécouvrir le printemps après l'hiver ; me sentir là, vivante, sur terre, sans ne me demander ni pourquoi ni comment.

Sentir brusquement monter en moi une sensation de bonheur sans savoir d'où cela vient.

Sentir l'odeur du lac. Humer la rose, le jasmin, le seringa ; rester assise au fond du jardin quand la lumière décline ; regarder le ciel étoilé.

Entendre ma voix et chanter en chorale ou sentir un frisson en écoutant les grandes voix.

Être dans la grande ville, anonyme, au centre du monde ; regarder les gens passer, assise à la terrasse d'un café.

Ramasser des galets ; écouter le ressac pour m'en souvenir toujours.

Laisser couler entre mes doigts le sable fin ; marcher dans l'eau le long des grandes plages.

Voir les lumières du bord de mer comme un collier de perles dans la nuit bleutée ou les fruits de l'oranger sur fond de ciel bleu, à Noël...

2022-10-13 jeudi

Les Gros Mots... par Christine

Liste de gros mots.


Gros mots ? Grands maux ? Peste, choléra, vérole, Covid ? Quelle m...

2022-09-08 jeudi

Odeurs d'Enfance... par Christine

J'ai sûrement plein de souvenirs liés aux odeurs de mon enfance.

Le premier qui me saute au nez et à la bouche, c'est l'odeur du petit salé aux lentilles qui m'accueillait quand j'ouvrais la porte, le midi, en rentrant du lycée. Quel parfum, quel fumet! Le thym et le laurier, les lentilles, les morceaux de porc, l'oignon et le clou de girofle, tout un bouquet savoureux qui emplissait l'appartement.

Je n'ai pourtant pas un odorat très aiguisé, je m'en suis rendu compte tardivement. Mais cette odeur-là, je l’identifiais tout de suite. Je savais tout de suite que j'allais me régaler.

À cette époque nous rentrions tous à la maison pour déjeuner, mon père mes deux sœurs et moi. C’était ma mère qui cuisinait.

On arrivait tous à peu près en même temps. C'était rapide, le temps était court. Après avoir pris le bus place Clichy je descendais à Damrémont-Ordener, je traversais le carrefour, montait les cinq étages, je sonnais et l'on m'ouvrait. La bouffée d'air parfumé que je respirais à ce moment-là, je m'en souviens encore !

2022-09-08 jeudi

Écrire... par Christine

Je suis venue ici pour écrire. Mais pas n'importe quoi !

Depuis quelques années, l'âge venant, j’ai l'idée d'écrire mes souvenirs. Les bons, les moins bons, ça en fait quelques-uns...

Cette idée qui me trotte dans la tête je n'arrive pas à la réaliser. Ou plutôt à la concrétiser. Car j'écris, mais dans ma tête.

Quand je suis en conduite automatique - l'idéal c'est un long trajet d'autoroute sans trafic, je choisis un sujet, un souvenir qui m'est resté, intact malgré le temps qui a passé. Et j'écris. C'est-à-dire que je ne me contente pas d'y penser, j'écris en peaufinant les phrases, les mots, en écoutant leur rythme et leur musique. Lorsque la phrase me convient je passe à la suivante. Quand j'ai terminé mon histoire, quand le voyage est fini, tout s'efface!

Et cela m'ennuie que tout s'efface. Car si j'ai envie de raconter tout cela c'est pour mes enfants, mes petits-enfants et arrière-petits-enfants... Comme un petit message de mon univers qu’ils n’ont pas connu et ne connaîtront pas. Un petit message pour le futur, une trace de moi à ma descendance.

Mes ancêtres, du moins les plus récents, savaient écrire et ils n'ont rien écrit qui me soit destiné. J'ai quelques traces d'eux dans des échanges qu'ils avaient avec leurs proches et amis. Lettres de condoléances lors d'un décès. Lettres administratives pour des demandes officielles. Petits mots au verso des cartes postales. Rien de bien édifiant sur ce qu'ils ont vécu, sur leur monde.

J'aimerais écrire pour transmettre aux miens qui, peut-être, se demanderont, comme moi, qui étaient leurs aïeux.

2022-09-08 jeudi