Réveil aux aurores, nous avons 900 km et 9h30 pour rêver encore à tous ces merveilleux moments partagés entre villages de caractère, plages, couchés de soleil, randonnées, architecture, à saliver en pensant aux délicieuses galettes, kouign-amann et autres gourmandises locales.
Nous sommes prêts, le coffre est chargé à bloc, rempli par les valises et les nombreux souvenirs.
Nous roulons à peine sur 500 mètres que le voyant de sous-gonflage des roues s'allume. Arrêt au bord de la route dès que nous le pouvons : le pneu avant droit est à plat, c'est la crevaison qui s'invite pour que l'on s'attarde un peu plus longtemps sur notre lieu de vacances. (C'est drôle le nombre d'insultes et de gros mots que l’on ne connaissait pas jusqu'alors que l'on peut inventer en quelques secondes.)
Faut-il préciser que nous sommes le 15 août, et un samedi, donc deux jours pendant lesquels il est impossible de joindre un garage pour la réparation.
En guise de roue de secours, nous n'avons qu'une galette (pas très comestible celle-ci) enfouie sous la tonne de bagages.
Pas le choix, nous déballons tout sur le bas-côté de la route, donc dans le fossé, et c'est parti pour le dévissage, démontage, remontage, revissage, puis tout remettre dans le coffre. Tiens, c'est bizarre, tout tenait tout à l'heure bien calé dans le coffre, impossible de tout faire rentrer à nouveau. Nouvelle série de mots inconnus.
Après de longues, très longues minutes à transpirer, les mains noircies, nous reprenons la route.
Étant limités à 80 km/h et interdiction formelle de prendre l'autoroute avec ce genre de roue, nous continuons sur la nationale. À cette allure, ce n'est plus 9h30 qu'il nous faudra mais deux jours.
Nous avançons tranquillement, et, lorsque nous longeons l'autoroute avec ses bouchons interminables, nous nous disons que finalement nous avons de la chance.
Nous prenons le temps et apprécions le paysage, faisant des haltes non programmées dans de charmants villages non mentionnés dans les guides.
Assis à la terrasse ombragée d'un café, nous rions de notre mésaventure.
Nous en profitons pour réserver une chambre dans un logis-hôtel pour la nuit au calme dans la campagne.
Le lendemain, nous repartons aussi doucement que la veille, il nous reste moins de la moitié du parcours à faire.
Le scénario se répète : paysages magnifiques sous le ciel bleu, beaux villages avec leurs spécialités culinaires, radio qui nous accompagne (et nos voix qui se mêlent à celle des chanteurs), la joie est présente.
Petit à petit, les panneaux routiers nous rapprochent de la vie de tous les jours.
Plus la distance de notre domicile se raccourcie, plus le pincement au cœur augmente. Lorsque nous ouvrons la porte de notre habitation, le spleen m'accueille à bras ouverts. J'essaie de le repousser, il résiste, il est coriace.
Mais je sais que le lendemain il aura disparu lorsque la routine aura retrouvé sa place.
Nous avons pris une décision depuis ce jour-là : tous nos départs et retours de vacances se feront à l'identique : une petite partie sur l'autoroute, et la majorité du voyage sur les départementales pour découvrir les beautés de la France.
Nous avons toujours respecté notre choix.
2026.09.17. jeu.
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