Rouge ou blanc, à la naissance on m’avait laissé le choix. J’ai toujours préféré la couleur rouge. Rouge comme la révolte, comme la passion.
Je suis donc Gudule le globule rouge, mais je vis en bonne entente avec mes amis les globules blancs. Nous sommes complémentaires pour veiller à la santé du corps qui nous transporte. Je voyage dans un liquide qui circule sans cesse, je suis prisonnier des veines et des artères. Mes principales échappées se passent dans une seringue. On me ponctionne parfois pour être analysé, parfois pour servir à des transfusions et sauver des vies. Mon analyse peut être rassurante mais dans certains cas elle permet de déceler des maladies sournoises.
Il m’arrive aussi de m’échapper autrement, par des organes du corps humain, mais ce n’est pas bon signe…
C’est le cas de l’épistaxis (cela n’a rien à voir avec les taxis), qui est tout simplement le saignement de nez. Saignement de nez dû à une lésion des vaisseaux, mais parfois résultat d’une bagarre acharnée. Saignement plus grave encore, si le corps qui me véhicule a reçu un coup de couteau. On me tamponne pour essayer d’arrêter ma fuite, on me panse. Ces moments d’hémorragies me rendent visible mais ce n’est pas bon signe car je suis synonyme de souffrance.
Finalement je préfère rester discret et accomplir mon travail dans l’ombre et la chaleur du corps humain.
Le cœur et bien d’autres organes ont tellement besoin de mon existence. Je suis fier d’être Gudule le globule rouge.
2026.09.17. jeu.
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