Inventaire (à la Prévert) D'Une Vie par Hug

Un jour une nuit 
des minutes une seconde
des soupirs
des jours des nuits
un mois deux mois
huit mois et des semaines
un travail des eaux
de la lumière
un cri des cris des pleurs
du sommeil en moins
des linges à la javel
un biberon deux biberons
des biberons, ça tourne rond
ça rampe ça grandit
le jour la nuit ça fuit
au matin tout va bien
un suivant debout droit devant
Boum ! tomber dedans
un pied puis l’autre
ça court et vite
ça grandit
l’école
ça grandit
les copains
ça grandit
le vélo les roulettes
ça grandit
le vélo s’en va zigzaguant
ça grandit
dans la cour c’est la cour
copines et copains
chacun la sienne
chacune le sien
ou cœurs croisés si vous aimez
le collège le lycée
trop long trop lent
c’est grand à présent
stop le bahut
au boulot c’est payant
au boulot ? c’est pas… un peu tôt ?
la vie c’est plus riant avec de l’argent
fin de semaine en goguette
passé le temps des mignonettes
la fête c’est fort c’est gros
la musique c’est fort et beau
l’ivresse c’est fort au goulot
lundi matin réveil de chien
le front cerné de plomb
changer de vie être moins con
tiens ça grandit encore
pas d’âge pour grandir
et v’là qu’l’amour vient tout fleurir
on est deux
on est trois
on est quatre
et puis le chat
d’ici-delà des voyages loin là-bas
des inquiétudes des soucis
des interrogations sur la vie
un boulot du travail
un métier
dernier salut
les jeunes vont
leurs jeunes viennent
deux chambres vides
des visites des bougies
les jours s’égrainent
les années s’éparpillent
la mémoire s’effiloche
des jours des nuits
tiens ça rapetisse un peu
pas d’âge pour vieillir
des nuits des jours
ça s’assourdit
ça penche ça s’arrondit 
 
ça fuite un peu
pas joli joli

la lumière baisse bientôt la nuit
 
la boite se referme
 
 
c’est fini.

2025.12.18 jeu.

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Les Dix Mots 2026 - Passage 2 [·c·b·a·] par Hug

Sidéré je me baladais sur l’avenue sidérale
Le nez au ciel comptant sur mes vingt les étoiles… (?)
Vingt doigts aux quatre pieds, je venais de transmuter
Je sortais juste de chez le mécano qu’avait tout permuté
 
Ce type avait des idées des théories
Qu’il développait dans son langage sur Otarie
Il avait appris tout gamin à programmer,
Les siècles passant il commençait à ramer
 
Ses études titrées « Faire la part des particules »
Tenaient tout l’espace de son vestibule,
Le tout bien classifié par un humanoïde
Une sorte de passoire à spaghetti ovoïde
 
En entrant chez lui drôle d’atmosphère dystopique
Pendant au mur, au plafond, des équations mathématiques
Certaines racontaient en circonvolution le continuum,
D’autres théorèmes se balançaient au bout de bubble-gums
 
Si dans son chez-lui rien n’était anticipation
à l’intérieur de sa tête grande étaient l’agitation
Son cerveau mille fois minutes devait alunir
Difficile vraiment, avec lui, d’espérer en l’avenir.

2025.04.17 jeu.

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Les Dix Mots 2026 - Passage 1 [·a·b·c·] par Hug

Je m’étais déterré, objectif alunir. 
Me croyant parti pour ne jamais revenir 
ma femme, mes enfants, le chat, par anticipation,
avaient prévu le coucher, le boire, la collation.
 
Dans un obscur bouquin : Traité sur le continuum,
j’avais lu l’histoire du début des FameHomes,
manière de bipèdes façonnés dystopiques
se nourrissant de sang d’os et de vieilles tiques.
 
L’évolution en fit des presque humanoïdes
êtres étranges souffrant pourtant d’hémorroïdes ;
parait-il que certains tâtaient des particules,
y en avait schémas couleurs en fin de fascicule.
 
Ces énergumènes savaient programmer,
de quoi inventer des demains à chômer.
Comme de toute action tordue l’espace sidéral
en fut traversé jusqu’à notre présent bancal.
 
Ces jours des penseurs insensés émettent théorie :
l’avenir de la civilisation serait fantasmagorie,
pour survivre les humains doivent transmuter ! 

Cette sombre peine ne pourrait-elle être commuter ? 

2025.12.18 jeu.

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Inventaire (à la Prévert) D'Une Vie par Agnès


La liste de Prévert


Des premiers parents
Le bel enfant
C’est l’amour qui m’a faite
Un beau matin
Sous le ciel bleu de méthylène
Maintenant j’ai grandi
Le cancre
En sortant de l’école
Petite tête sans cervelle
Vous allez voir ce que vous allez voir
Le cours de la vie
L’école des Beaux-Arts
Renault au boulot
Le temps des noyaux
L’effort humain
La crosse en l’air
Attendez-moi sous l’orme
Embrasse-moi
Noces et banquets
Les petits plats dans les grands
Les belles familles
L’enfant de mon vivant
Nuits blanches
Réveils en fanfare
Ma petite lionne
L’orage et l’éclaircie
Le fil des jours
Le chemin de traverse
Les prodiges de la liberté
Le monde en vaut la peine
La grasse matinée
Il faut passer le temps
La visite au musée
Les feuilles mortes
Des oubliettes de sa tête
Grifouillis dans le fouillis gris
Le strict superflu
Jour de sortie
Silence de vie
Fleurs et couronne
 
Et la fête continue…

2025.12.18 jeu.

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Les Dix Mots 2026 - Passage 2 [·c·b·a·] par Agnès


Pensées matinales


Sous les splendeurs sidérales
De la céleste cathédrale
Dans l’aube d’une fin d’été
Les verts en or ont transmuté
 
Fi des grandes théories
Frugale beauté me nourrit
Pour le bonheur suis-je programmée ?
Moi qui aime tant me promener
 
Fouler les sylvestres particules
Ouïr la chouette qui ulule
Humer l’air résinoïde
Par mes vibrisses humanoïdes
 
Champêtre présent chasse le dystopique
Plus me plait l’onirique que l’apocalyptique
Ma vie débarrassée des douloureux pensums
M’est en réalité un doux continuum
 
Et si dans mes lectures, vient l’anticipation
J’en consulte les pages avec modération
Il est juste que dans les flaques Sélène se mire
C’est chimère de vouloir sur son sol alunir.

2025.12.18 jeu.

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Les Dix Mots 2026 - Passage 1 [·a·b·c·] par Agnès


Alpha et Oméga

 

Ce n’est plus une fable d’anticipation, le nouveau mondialisme est marchand, c’est une réalité dystopique où la seule théorie qui vaille est l’échange mercantile érigé en loi d’interaction unique. Sur la plateforme Amazonia, l’agent Béta ex-humain XY transmuté humanoïde, particule 727, programmé pour la fonction picking / packing a été muté de la zone désintégrée Yun 1 (articles de pêche, toiles de tente et cerfs-volants) sur la zone Zorn 2 (jeux de société, fanfreluches et boules pralinées).

Il est 13h17 quand Béta se présente à sa nouvelle affectation.

« Bienvenue sur Zorn 2, agent Béta, code erreur 500 sur espace-temps, vous avez aluni avec une légère anticipation sur l’horaire GMT. Vous serez en binôme avec l’androïde Oméga et afin de respecter le continuum de l’origine à la finalité, votre nouveau blase sera Alpha ».

Oméga à Alpha :

« Prends le Lego Art-Love et le tee-shirt Doudou d’Amour dans le casier M4, mets-le sur la tablette X47W4, prends la boite format A5, emballe les produits de la tablette X47W4, prends la couette Nuit de rêves et la boite de Mon Chéri dans le casier B2, mets-la sur la tablette X47W5, prends une boîte de format B1, emballe les produits de la tablette X47W5… »

Alpha à Oméga :

« C’est toi que je vais emballer si tu continues à titiller mes endorphines avec ta voix d’aéroport, ce soir, je t’attendrai, on prendra le tram 33, pour aller manger des frites chez Eugène, on ira au cinéma, on se plantera le nez au ciel et on se mouchera dans les étoiles » 

Mais le tram ne s’appelle plus désir, la Pompadour ne se fait plus frire, les Marquises ont coulé, le vide est sidéral et l’étoile inaccessible.

2025.12.18 jeu.

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Les Dix Mots 2026 - Passage 1 [·a·b·c·] par Michel

 
"Je rêve un jour de pouvoir ALUNIR,
 Dans un futur proche, dans un avenir,
 Comme dans un roman d'ANTICIPATION,
 Quitter cette terre, quitter cette nation.
 
Voyager dans l'espace-temps, un CONTINUUM,
Conseillé par quelques astronomes,
Cette terre aride devenue DYSTOPIE,
Ne correspond plus en rien à ma vie.
 
Rencontrer des HUMANOÏDES,
Loin des humains devenus perfides
Qui me considèrent comme une PARTICULE,
Et me font devenir incrédule.
 
Ce voyage je vais le PROGRAMMER,
Même si cela me prendra des années,
Ce n'est pas qu'une simple THÉORIE,
Tout là-haut je finirai ma vie.
 
Pour cela je vais devoir TRANSMUTER,
Je vais devoir me surpasser,
Dans cet univers SIDERAL,
Je siègerai parmi les étoiles."

2025.12.18 jeu.

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Inventaire (à la Prévert) D'Une Vie par Micheline

 
Inventaire de vie à la manière de Prévert


Un temps de guerre
une naissance sans violence
des parents paysans
des aimants, des taiseux
des balbutiements
une prairie grandeur Nature
une chanson de ma grand-mère
« le petit oiseau a pris sa volée »
une cabane
du parachute dans les noisetiers
une fruitière
des vaches Pie Rouge tachetées de l’Est
un rêve de princesse au petit pois
un bahut sinistre
un H.P. juste en face
des flopées d’internes
des internées
des cris d’internées
des dissertations annotées à l’encre rouge
un « vocabulaire trop sec »
des « mots trop pauvres »
un envol du nid
une mono, une colo
une chanson « C’est un fameux trois mâts fin comme un oiseau... Santiano »
une 2 CV fantastique et fantasque
un pantalon à pattes d’éléphant
des tuniques indiennes
des chansons de Joan Baez à la pelle
une manif sur le Larzac
une injonction de Julos Beaucarne « Reboiser l’âme humaine »
une traversée du désert
un coup de foudre en plein désert
une parenthèse algérienne
une chanson de Simon et Garfunkel
« les sons du silence »
un boulot
des p’tits boulots
un enfant
deux enfants
un 1er janvier
un 1er juillet
des mots d’enfants
des émerveillements
un atelier d’écriture
une fenêtre qui s’ouvre en grand
des mots en liberté non surveillés
des petits enfants
des petits petits et des plus grands
des mots de petits enfants
des réémerveillements
des coups du sort
du plomb dans l’aile
des montagnes russes
des chemins de traverse
un retour au pays
des mots mis sur les maux
une maison refuge
un jardin
des bouleaux
un coin bleu
une envolée d’oiseaux
une poésie « bleu sourire »
des chansons d’Alain Souchon
deux fils
le Parc des Oiseaux
une « foule sentimentale, soif d’idéal... »
des origamis
deux merles six fleurs
une origamine
deux initiales M.M.
deux mots
« Aime, Aime ! »

2025.12.18 jeu.

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