Cher Monsieur Bonne Situation,
D’abord vous faire part de mon étonnement, je n’ai jamais entendu tel patronyme, quelle en est l’origine ? Du pays des ambitieux ? des vaniteux ? des vantards vendeurs de pipeaux en bois de sureau ?
Quant au sérieux, je doute que vous l’êtes une fois votre annonce écrite et le crayon posé. Votre annonce, justement, très… très… comment vous dire ? Insupportable. Désagréable. Tête à claques.
Je vais vous surprendre, je suis demoiselle pas encore veuve qui songe à le devenir au plus vite après mariage. Je suis instruite, dans ma tête bien des choses à vous révélées vous laisseraient le martinet en berne, je possède une intelligence fine ainsi qu’une culture vaste et variée. J’ai sur la vie au sein couple des idées modernes : partage et égalité, responsabilité et droits, écoute et respect, plus d’ascendance, plus de contrainte. Ce siècle est novice, j’ai à cœur de participer à l’émancipation des femmes, tout est possible, nous pouvons beaucoup comme cela s’est vu lors de la dernière guerre, la der des ders.
Alors, triste Bonne Situation, soyons sérieux, vous êtes curieux de masochisme, les atrocités vécues il y a peu ne vous auront donc pas gavé ad nauseam ? Mais peut-être que le rôle que vous vous attribuez dans ces activités particulières est-il celui du maitre de séance. Je n’ai pas le goût pour ce type de mascarade, j’aime aimer dans la joie et le plaisir, oui vous avez bien lu, pour autant je suis toujours demoiselle, il y a des jeux subtiles et bienheureux que vous ignorez sans doute.
Vous suggérez mariage, dans de telles conditions, avec comme finalité de telles pratiques, je vous le dis tout net : je ne suis pas séduite, pas prête à un attachement à votre guise, et ne proposez pas d’en inverser les rôles.
Je n’ai pas envie de vous connaitre, pas envie de vous rencontrer, ni de vous saluer. Si d’aventure vous veniez à mourir – vos pratiques peuvent être radicales, soyez courtois si vous savez l’être et faites en sorte d’en informer quiconque par le biais des petites annonces du chasseur français, que soit indiqué le jour, l’heure et le lieu de votre ensevelissement, qui sait je pourrai vous faire visite, je préfère, et beaucoup, le calme des cimetières aux alcôves bruyantes d’humeurs que vous affectionnez.
Une demoiselle aimant cultiver les pissenlits
2026.05.21. jeu.

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