Tu rêves Auguste, toi le petit barbouilleur du banal, tiens-toi sage et couche-la sur la toile à défaut de ton lit.
Trace l’ovale parfait de ce joli minois, mets-y deux yeux noirs surmontés de sourcils d’un arc si pur qu’il semble peint. Voile ces yeux de grands cils qui lorsqu’ils s’abaissent jettent de l’ombre sur la teinte rose de ces joues. Esquisse un nez fin, droit, spirituel, aux narines un peu ouvertes par une aspiration ardente vers la vie sensuelle. Souligne une bouche régulière, dont les lèvres s’ouvrent gracieusement sur des dents blanches comme du lait. Colore sa peau de ce velouté qui couvre les pêches qu’aucune main n’a touchée. Brosse la mousse de ces cheveux cuivrés, ondés naturellement qui après avoir ombré son front se perdent derrière la tête en laissant voir des lobes délicieusement ourlés.
Mais qu’entends-je, on marmonne à ma droite, Fichtre ! C’est mon voisin qui, en tirant sur sa pipe, versifie sur la donzelle.
« Mon doux et tendre pétale, mon œuf frais, ma bulle dragée perle, transparence rosée, douce lune, porcelaine, blondeur ronde stricte, regard noir, défi tranquille, petits doigts précieux, fascinant de ronde légèreté, je n’ai rien vu de plus joli que ce spectacle »
« Bas les pattes le rimailleur. Eh, Verlaine, je l’ai vu en premier, attend qu’elle mouche le freluquet sans chapeau et foi d’Auguste, je l’invite à la prochaine danse. »
2025.11.13 jeu.
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