Pensez bien qu'y'a pas l'électricité pour vous faire admirer la scène. Non !
Et ben, vous voyez en haut, tous ces lampions comme autant d'étoiles. Des blancs, des bleus et même des rouges. On les voit pas tous là, au-dessus des têtes de tous ces zozos et mignonnes, qui fricotent, s'amusent, tournicotent, se hument, s'épient, s'entortillent, virevoltent, sirotent, blablatent, s'étreignent, se diluent dans la perspective. Que sais-je ? Comme si c'était en plein jour, que vous les observez, les décortiquez à s'encanailler.
Ben, c'est grâce à mézigue, tout ça. L'gazier c'est rezigue ! L'allumeur c'est encor'zigue ! Des heures avant pour tout lancer, allumer, régler au quart de poil. Que ça soit pas la flamme qui danse. Et attention, faut s'gaffer ! Pas tout faire sauter, pas tout enfumer, tout empuantir. Faut que la coquetterie scintille, que les fragrances envoûtent. C'est bon pour la caisse, y parait.
Y'a plusieurs zones dans l'bastringue. J'fais d'abord siffler le gaz dans l'une et c'est parti pour la cavalcade. Faut faire fissa avec la perche à étincelle. C'est un tour de main à choper et recommencer, jusqu'à c'que tout éblouisse, flamboie et que vive la nouba. Quand la bamboche s'ra finie, c'est encore bibi qui va s'y coltiner, tout remballer, fermer les vannes, récurer les suies sur les globes, vérifier l'état, colmater s'il faut. Prêt à redémarrer, qu'y faut qu'ce soit.
Et ouais, que la lumière soit ! J'en suis et pas qu'un peu. Pas pour rien. Sans moi, l'Auguste i’vous aurait peint le Noir de Renoir. Vous auriez pas eu grand-chose à voir, à éplucher. Mais j'me bile pas pour ça : y'a bien un barbouilleux qui f'ra ça un jour. Le blaze qu'on m'donne ici, rapport à mon turbin, c'est la Lanterne. Ben j'vous l'dis, l'nom du tableau, ça devrait pas être le Moulin de la Galette, ni le Moulin de la Braguette, comme ricanent quelques marlous. Y devrait s'appeler le Soleil de la Lanterne.
2025.11.13 jeu.
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