Du moins, je m'imagine l'être sur la longue liste des annuaires qui m'entourent.
Je suis le numéro 6, CHRISTIAN étant mon prénom dans la fratrie de 11.
Déjà sur les photographies de notre jeunesse se voyait notre complicité face aux regards de nos parents.
Rappelons-nous ce temps-là.
Nous n'avions pas encore ni la télévision ni le téléphone et pour échanger nos sentiments, nous n'avions, entre nos bagarres, que des mots et jeux pour exprimer nos intentions.
Un jour notre père a choisi de se faire installer un gros téléphone en bakélite noir avec ses énormes touches et son cordon toujours emmêlé dans la pièce principale de l'appartement.
Bien vite, nous savions dire " Allo " dès que la sonnerie s'activait.
Les télégrammes envoyés de La Poste furent alors de plus en plus rares.
Plus besoin non plus de deux boites de conserve reliée par une ficelle pour s'amuser entre nous, ni de taper sur des couvercles pour faire se rassembler tout ce petit monde à l'heure des repas, chacun voulant être le premier près de l'appareil pour pouvoir le décrocher en cas d'appel.
Bientôt, le temps faisant son œuvre, nous avions tous grandi et chacun dans son envol quitta le nid familial.
Aujourd’hui, nous gardons dans une poche un smartphone nous ouvrant les portes du monde, d'ailleurs, plus personne ne s'échange d'informations.
On peut nous voir, tête baissée marchant yeux plantés devant quelques imbécilités.
Moi, je m'efforce à n'avoir que des échanges concrets avec ce dictateur moderne et si demain la surdité m’attrape j’apprendrais le langage des signes pour toujours communiquer.
Téléphone ou pas, la vie continuera.
2026.02.12. jeu.
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