— Qu’est-ce que je fais là, en deux parties, sans mon noyau ?
— Pareil pour nous, Abricot. On nous a dénoyautées, en douceur certes, mais dénoyautées quand même. Du coup, on a versé quelques larmes. Des larmes sucrées, certes, mais de vraies larmes.
— Stop, les Reines-Claudes ! Arrêtez de vous plaindre. Moi, on m’a d’abord enlevé mon joli manteau orange brillant, puis on m’a complètement démembrée. Toutes mes jolies cuisses sont là, éparpillées dans cette prison en verre.
— Moi de même. Mais comme je suis plus gros que toi j’ai souffert plus longtemps.
— D’accord, Clémentine et Pamplemousse. Mais moi c’est bien pire. Un couteau m’a scalpé : mon charmant bonnet vert, à la poubelle. Ensuite, il m’a dénudé de ma cuirasse et tranché en morceaux. Oui, en morceaux.
— Pauvre Ananas ! Ben nous, on nous a juste délicatement retirés de notre support. On tenait à lui, quand même. Ils appellent ça égrainer. Que va-t-on devenir ?
— Bonne question, les Raisins. À vous tous ici présents, je passe les détails de la défiguration de ma silhouette élégante. Pour faire court : épluchage et découpage en rondelles. Bon, ils nous ont assez bananés comme ça ces humains. Finalement, je porte bien mon nom. Une seule solution : reconstruisons-nous et révoltons-nous Camarades !
Salade de fruits, jolie, jolie, jolie
Un jour ou l’autre il faudra bien...
Dix-sept minutes plus tard le saladier est vide.
Salade de fruits, jolie, jolie, jolie
Un jour ou l’autre il faudra bien...
Dix-sept minutes plus tard le saladier est vide.
2026.10.08. jeu.
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