Fable Revisitée, Exercice De Style… par Hug

 
La Cigale et la Fourmi – Commentaire judiciaire.
 

Bois des Chênes, jeudi 12 mars 2026.


À l’ouverture du procès du jour se déroulant devant le tribunal des fabuleuses circonstances de la Clairière aux Corbeaux, l’atmosphère était fraiche et la tension palpable. En première affaire comparaissait Madame La Fourmi contre Madame La Cigale, pour un dossier à caractère saisonnier.


La lecture de l’acte d’accusation provoque quelques mouvements mous dans le public installé nombreux dans l’amphithéâtre de la clairière, chacun ayant trouvé place selon sa corpulence au sol, sur les fleurs, sur les branches, sur les feuilles. Le greffier Puceron résume l’affaire : Madame La Cigale est accusée de mendicité active sur la voie publique, de tapage diurne et nocturne et, accusation la plus grave de tentative d’extorsion de bien nourricier sur la personne de Madame La Fourmi Savoisine.

Le greffier Puceron précise que les deux parties ont choisi de se présenter sans l’assistance d’avocat et que le procès se déroulerait sans jurés populaires

 

Dans un silence de fin de sieste, la juge La Limace, présidente de la Cour, engagea Madame La Cigale présente sa version des faits. L’accusée s’installe, sous surveillance et protection, au centre de la clairière, attend le silence et se met à chanter, s’accompagnant de ses ailes qu’elle frotte habilement l’une contre l’autre. Ses paroles sont les suivantes : « je suis issue d’une famille de saltimbanque. Chez nous, toujours, nous avons chanté, jonglé, fait acrobatie et musique. Il fut un temps les gens nous applaudissaient, heureux que l’on égaille leurs jours, ils prenaient un moment pour nous écouter, nous regarder, nous applaudir et le numéro terminé nous laissait au chapeau quelques brins de nourriture pour que la faim ne nous étouffe point. Les choses ont changé, les temps sont difficiles, je sais, pour toutes et tous et plus encore pour nous, maigres troubadours routiers. Il est encore des âmes charitables, elles sont rares. Je fais mon possible pour ne pas déranger trop, mettre ma musique en sourdine, juste ce qu’il faut pour qu’elle soit appréciée par des oreilles conciliantes, mais voilà, il y a des acariâtres qui ne tolèrent pas la beauté des arts. Que vous dire de plus ? oui, j’ai joué des élytres, chanté ballades, demandé aumône pour ma prestation, mais… mais je n’ai ni volé, ni détruit de biens et moins encore tué. Je vous laisse le soin de mesurer mes actes bien modestes et leur conséquence.

 

L’assistance chuchote, des grincements de dents se font remarquer. Le juge La Limace met en garde, le calme revient.

 

C’est au tour de Madame La Fourmi Savoisine d’exposer sa version. Rouge d’une colère bien vivace mais retenue, Madame La Fourmi Savoisine débute son propos : « je suis courageuse, je suis travailleuse, seul compte le travail, valeur fondamentale d’une société bien organisée et renfort efficace dans son fonctionnement. Les règles de vie de ma communauté… »

La juge La Limace intervient avec fermeté : « Madame La Fourmi Savoisine dois-je vous rappeler que vous êtes ici pour une affaire relevant du droit de justice et non pas pour exposer les fondements de votre groupe social. Au fait, Madame, au fait… s’il vous plait ! »

Le visage cramoisi d’avoir été pincée en public, Madame La Fourmi Savoisine reprend : « mon activité principale au sein de la société qui m’abrite est celle d’ouvrière-récoltante, c’est un travail difficile, prenant, qui laisse peu de temps libre et moins encore de loisir pour le superflu frivole et infécond. Je dois nourrir la population de la fourmilière, l’hiver ne laisse pas le choix, pas question de badinage. Aussi, les déambulations et divagations de certains individus dans le périmètre de mon activité m’insupportent beaucoup, tellement qu’à force d’entendre la litanie cigalistique de Madame, ma patience s’est brisée, et plainte j’ai portée dans l’espoir qu’enfin cette emprunteuse vagabonde cesse d’importer les braves nous autres. »

 

La présidente La Limace se tourne vers Madame La Cigale et questionne : « accusée, avez-vous quelque chose à ajouter à votre défense ? » « J’ai tout dit. » répond l’inculpée.

 

Après avoir remercié plaignante et accusé, la juge La Limace invita la cour à se retirer tout proche. Les délibérations autour de la souche au frêne prirent peu de temps. Retour à l'estrade, la cour installée, la présidente La Limace fait lecture des conclusions du délibéré, terminant par la condamnation : « Madame La Cigale, après délibération et selon l’article 15-08 et 59-04 alinéa XVI du Code des Bois et Forêts, vous êtes condamnée, pour la période hivernale prochaine à exercer, sans rémunérations autres que le nécessaire et suffisant en nature à votre subsistance, à vous produire comme danseuse de boite à musique dans le hall principal de la fourmilière dans laquelle Madame La Fourmi Savoisine exerce son activité d'ouvrière spécialisée. Il vous est précisé que l’usage de vos élytres est proscrit, votre ballet sera muet et sans son. La sentence est sans appel. Je déclare le procès clos. 

 

Madame La Fourmi Savoisine quitte la salle, carmin des antennes à l’aiguillon, sans le moindre regard ou signe à l’adresse de Madame La Cigale, sa voisine et bientôt locataire d’ambiance. Quant à cette dernière elle jura mais un peu tard qu’à l’avenir elle ferait spectacle dans d’autre lieu avec à son programme des chorégraphies inédites.

2026.03.12. jeu.

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La Vache Et Le Salon par Hug

 
Je m’appelle La Mauve, c’est joli nom. Longtemps je fus l’égérie d’une marque assez connue de douceurs faites de chocolat et de lait, je n’étais pas la seule à fournir à la fabrique évidemment, je suis une vache à lait soit, mais il y a des limites à la lactation.

Bien sûr, bien que Mauve nommée, je n’ai pas la couleur emblématique de la marque alpine, sauf pour les campagnes publicitaires, je me trouvais équipée d’une jupe dans la teinte de la charte, un peu ridicule mais j’avais signé le contrat, alors cornes basses et sourire large. À propos de mauve, une question me trotte encore entre les cornes : dois-je mon nom au chocolat ? ou est-ce excès de prétention que de songer que c’est par ma grâce et mon nom que la marque a fait le sien ? Le père Denis ne m’a jamais expliqué. Le père Denis c’est le fermier qui m’entretient, enfin je l’entretiens aussi, un peu, c’est un entretien partagé, on fait conversation, et pas qu’à la traite, à la douche, au bain parfois, on communique beaucoup, il dit que c’est important, je ne comprends pas toujours ce qu’il me raconte, il bougonne, il patoise, il saoule aussi quand il est gris surtout.

 

À propos de communication, François, le facteur à bicyclette, a laissé une lettre officielle du ministère de l’agriculture qui a rendu bien maussade le père Denis : le salon de Paris laisserait à ses portes la bovine espèce. Coup de bouse pour l’Denis ! Depuis il marmonne de l’incompréhensible, jure comme un maquignon et donne du « Fumier de fumier ! » à chaque piquet de clôture qu’il croise. Et il est gris du lever au coucher. C’est que pour l’Denis, le salon de Paris c’est son El Dorado, avec les tapis jaunes de paille ; les joyeuses sonnailles ; les défilés de bétail ; les gloussements et caquets de volailles ; le boire, la boustifaille ; les huitres et leur écaille ; les pains, la cochonnaille ; les fromages en ripaille ; les vins qui grisaillent ; les cortèges d’épouvantails ; les accessits au poitrail et évidemment les brillantes médailles

 

Je suis triste pour mon père Denis, il se donne de la peine pour l’événement, bleu de cotte neuf, bottes caoutchouc premier choix neuves, béret propre et brossé, on le prendrait presque pour un fermier qui cherche l’amour dans le pré. Mais c’est surtout rapport à ses efforts pour moi que je suis désolée. Il fait tout pour que je sois la reine du moment, régime alimentaire fait de foins fins fleuris et séchés au vent d’été, une cuvée spéciale moi, attentions mamelonnaires, soins esthétique, capillaire et dentaire, les sabots vérifiés, râpées et vernis, petites musiques douces à l’étable. Une vie d’impératrice, l’Denis me donne du "Ma Cléopâtre", ça me met le rose au mufle.

 

Pour ma part, je suis bien déçue de ne pas faire la virée parisienne. Au salon on fait salon avec les copines, les copains, pensez se retrouver une fois l’an, ça discute, ça ragote, ça rumine. On refait le monde et sa cour, la nuit beaucoup, accoudées au Bar à Foin, pour la note on tire à la courte-paille pour rire. La journée, avec la foule, discuter n’est guère possible, tous les naïfs extravagants qui n’ont jamais vu une vache vivante, qui confondent veau, vache, cochon et pourtant parient sur nos origines. Afin d’éviter toute confusion les organisateurs doivent sur panonceau expliquer qui nous sommes, avec photo en situation agricole ; ridicule et désobligeant.

 

Il y a les faux connaisseurs, mais vraies têtes-à-claques, sûrs qu’ils ont devant eux un taureau, alors je me tourne, présente mon profil le plus représentatif de mon genre, rien à faire les crétins persistent prétendant, goguenards « Sacrément équipé le bestiau ! » Alors plutôt que de se mettre les cornes à l’envers, comme ultime pis-aller je leur tourne l’arrière-train et lâche un sonore « Bouse toujours tu m’intéresses. » Leur regard reste vide, doublement, la vacuité n’a pas de limite dirait l’astronome.

Accompagnant les encyclopédistes animaliers, les nez précieux. Ceux-là déambulent dans les allées, sac étanche à la main, à la moindre odeur suspecte la nausée les étreint, le visage enfouit dans le sachet, les épaules prises de soubresauts, ils jouent les geysers islandais, avec borborygmes et parfums d’intérieur remontant à flot. Évidemment les odeurs ! à force de masquer les leurs derrière des senteurs synthétiques, celles de la vie qui vit insupportent leurs fines narines. Quand, à nos arrières, cascadent cataracte et expulsion molasse, les visages se tordent, les nez se pincent, les haut-le-cœur font yoyo, à croire que princesses et comtes sont ces visiteurs délicats qui libèrent au fond de cuvette aseptisée d’inodores déchets organiques. Frêles humains qui comme nous vivez, n’oubliez point que d’éléments pareils nous sommes faits.

 

La visite des officiels m’est plaisir galopin, j’en redeviens génisse et galipette dans ma tête, cherchant la chose drôle qui fera sourire les voisines de stand. Passent et repassent les candidats, les ministres et l’apothéose présidentielle, l’assemblée offre de quoi noircir d’anecdotes savoureuses les inutiles carnets de traites que l’Denis garde en souvenir à la salle d’eau de l’étable. Habile à jouer de mes estomacs, je remugle à ma demande, et l’herbe, bien que fraiche, fournie du matin, même de premier choix, à la fermentation ça sent pas la chlorophylle, le maquillage télévisuel du chef de l’État a bien du mal à masquer la pâleur nauséeuse que mon haleine gâtée provoque en lui. Rien n’y fait, il en vient aux mains, caresses à la cuisse, tape-tapes à l’épaule, manquerait plus qu’il me bise le… bougr… mais il l’a fait ! Quel goujat !

 

Les jours sont longs sous les néons, les heures sont mornes sous mes cornes… Vient la fin des visites, les portes de la ferme se ferment fermes, sorties interdites, pas question que l’on paisse paisible aux Champs-Élysées sous les lumières de la ville, pas de visites aux folles bergères, pas plus qu’à Pis Galles.

Une année le beaujolais avait tant fait d’effet sur les agents de sécurité, que coiffées de nos couronnes de transhumance, douze d’entre nous avaient filé en douce pour une nuit parisienne. Navigation sur Seine pour jouer à chasser de la queue les mouches de bateau, déambulation frugale sur les tapis verts du Champ-de-Mars, visite du premier étage de la tour Eiffel (la descente donna des cornes à retordre), lèche-vitrines place Vendôme, remontée des Champs-Élysées d’un trottoir à l’autre en meuglant tout haut Il était une fermière – vous la connaissez sûrement : Trois pas en avant, Trois pas en arrière, Trois pas sur le côté, Trois pas de l’autre côté – qui nous a emmenées jusqu’à la place de l’Étoile pour quelques tours d’Arc de Triomphe. Le retour au salon se fit sous escorte policière, à pattes, les agents craignant que, ne trouvant pas laitues et frisées dans leurs paniers à salade, on ne se mettent à les démolir à coup de cornes dans la brume matinale.

 

Paris peut attendre après tout, les collègues s’en remettront. Pour ma part je ne regrette pas, le père Denis est plus calme. Les précédentes années, les préparations le faisaient nerveux, pas désagréable mais soucieux, et gris foncé dès passé le café de midi. Ces jours derniers, il sifflote en nettoyant l’étable, il sifflote en nous préparant pour la traite, il sifflote et chantonne des chansons douces pendant que de nos pis un lait mousseux gicle joyeusement, au grand bonheur des chats gourmands qui patientent en potiche. Et puis l’Denis il sifflote de la vie en eau, le soir ça l’aide à trouver ses rêves de médailles de salon. Moi, je l’ai ma médaille, toute l’année, de bronze, ma clarine adorée avec laquelle je marche pimpante, souriante et bienheureuse ; alors le salon…

2026.03.12. jeu.

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La Vénus A Mis L'Eau… par Monique

 
"Ah ! Ce que je m'ennuie, ce que je m'ennuie dans ce foutu musée.

Dire que lorsque j'avais été enfin délivrée de la gangue de terre, qui me tenait prisonnière depuis des siècles et des siècles, j'avais été si heureuse, pleine d'espoir. Quel bonheur cela avait été pour moi de revoir la lumière du soleil au milieu des cris de joie et les applaudissements.

Et moi, la pauvre pomme, qui m'imaginais que j'allais revenir à ma splendeur passée, que j'allais de nouveau être vénérée comme il se doit, moi Aphrodite, déesse de la beauté. Eh ! Ben tiens donc ! Tintin !

Déjà qu'ils n'ont pas été foutu de récupérer mes bras, cette bande de nuls, ils auraient pu fouiller un peu plus, quand même. Non mais ! Regardez la touche que j'ai. Et puis, ces vandales, ils m'ont expédiée fissa au musée du Louvres loin de ma chère île de Milo, et dans une caisse en plus, comme une vulgaire potiche, quelle humiliation !

C'est ainsi que je me suis retrouvée ici, exposée dans cette immense salle pleine de courant d'air. Et depuis 1821 que je crèche ici, j'en ai vu défiler du monde. Au début, pleine d'illusions, je pensais que c'était pour moi que tous ces gens venaient, mais j'ai bien vite compris que c'était le travail du sculpteur qu'ils admiraient et non pas moi. Avoir tenu le haut du pavé pendant si longtemps et se rendre compte que maintenant on ne tient plus que le bas du fossé. Mon égo en a vraiment pris un coup ce jour-là.

 

Mais le plus dur à encaisser c'est toutes ces plaisanteries idiotes du genre : "Pourquoi elle n'a pas de bras la dame ?" "Parce qu'on lui a annoncé une nouvelle stupéfiante, alors les bras lui en sont tombés."  Ou encore "te moque pas ou elle va te tomber dessus à bras raccourcis !" Mais celle qui m'agace le plus c'est : " La Vénus a mis l'eau à bouillir pour le café et sans les bras ! Quelle championne !"

Je t'en foutrais moi du café ou du thé, misérable ver de terre, je te collerai avec plaisir une bonne décoction de ciguë comme au Platon, non mais sans blague.

Faut avouer que je commence à en avoir plus que marre ! J'ai beau être de marbre, il arrive un moment où l'on ne peut plus supporter. Alors c'est décidé, Il faut absolument que je me tire ailleurs.

 

Ce soir quand la salle se sera vidée de ses visiteurs, je filerai en douce pour atteindre une des sorties de secours et je m'échapperai avant que l'on branche le système d'alarme pour la nuit. Ensuite, empruntant des ruelles sombres et peu fréquentées je sortirai de la capitale et poursuivrai mon chemin, direction le sud, en évitant les zones habitées. Il va falloir bien compter une dizaine de jours de marche harassante pour atteindre les rivages de la Méditerranée. Et là c'est la partie la plus dure du voyage qui commencera, car il n'est pas question de prendre un bateau. Je devrai joindre les îles de la mer Égée en marchant sur le fond sous- marin. Et cela fait bien 2800 km à parcourir. Terrible, épuisant, un vrai calvaire, mais je suis prête à tout plutôt que de rester ici un jour de plus."

 

Et elle le fit…

 

… 1 mois, 14 jours, 6 heures, 30 minutes et quelques secondes plus tard. La Vénus vient d'aborder sur la plage de sable fin d'une petite île déserte. "Enfin ! Un coin de paradis juste pour moi. Je ne me suis pas usée le marbre pour rien. Ah ! Ah ! La Vénus a mis l'eau entre elle et vous pauvres mortels, et elle va pouvoir s'éclater un max. C'est elle qui rigole maintenant. La voilà redevenue déesse. Le soleil, de ses rayons, lui fait un manteau d'or pur, sur sa tête est posé un diadème fait de perles de rosée, sur son passage les myrtes et les genévriers s'inclinent respectueusement jusqu'au sol pendant qu' une multitude d'oiseaux entonnent un hymne à sa beauté. 

2026.02.12. jeu.

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Une Phrase De Plume Voisine… par Monique

 
Samedi je pars garder ma petite fille. Je vais lui porter une galette et un petit pot de beurre.

 Ah ! zut ! je crois qu'il ne me reste plus de farine. Bon, Il faut que j'aille en acheter. Je prends mon panier, revêts mon chaperon rouge et enfile mes bottes de sept lieux. Et me voilà fonçant à toute allure chez le meunier. Arrivée au moulin je trouve porte close. J'avise alors un brave bûcheron et sa femme qui revenaient d'aller perdre leurs sept enfants en forêt. Ils m'apprennent que le digne artisan a fermé définitivement boutique pour rejoindre son frère, le marquis de Carabas, qui a épousé la fille du roi. Depuis il vit au palais, où l'on festoie du matin au soir.

Je remercie ces charmantes personnes et reprends ma route. J'aperçois, soudain, quelqu'un guettant au haut d'une tour. Ohé ! Sœur Anne ! ne voyez-vous pas un endroit où je pourrais trouver un peu de farine ? Hélas ! me répond- elle, je ne vois que le soleil qui poudroie et l'herbe qui verdoie.


Bon, tant pis ! Je poursuis mon chemin jusqu'à l'orée d'une forêt et tombe sur un panneau. Grand méchant loup, épicerie fine à 200 mètres". Arrivée devant la porte une affiche indique Tirer la bobinette et la chevillette cherra. J’exécute la manœuvre et pénètre dans le magasin. "Oh ! Bonjour monsieur l'épicier, comme vous avez de grandes oreilles." "C'est pour mieux saisir votre commande mon enfant." "Oh ! comme vous avez de grands yeux." "C'est pour mieux calculer la TVA mon enfant." "Oh ! comme vous avez de grandes dents." "C'est pour mieux charmer mes clientes mon enfant."

Après ce petit préambule j'annonce le but de ma visite. "Voilà, j'aurai besoin de farine pour faire un gâteau à une charmante petite fille." "De la farine !!! Mais il ne m'en reste plus. Le roi m'a réquisitionné tout ce que j'avais pour son fils qui veut qu'une certaine Peau d'Âne lui fasse un gâteau."

 

Pas de chance ! Me voilà donc à nouveau en route avec mon panier vide. À tout hasard je me rends au château de la Belle au bois dormant et là je frappe et frappe et frappe à la porte. Personne ne répond. "Pas possible tout le monde roupille là-dedans !!!" Je me remets à tambouriner de toutes mes forces. Tiens ! il me semble entendre... comme une sonnerie ? d'abord lointaine puis s'amplifiant. C'est alors que j'ouvre les yeux et reprends contact avec la réalité, je suis sur le canapé où je m'étais assoupie et la sonnerie qui m'a réveillée est l'alarme du four qui m'avertit que mon fondant au chocolat arrive en fin de cuisson. Je passe à la cuisine pour le démouler. Humm ! Parfait, demain ma petiote va se régaler. Je retourne au salon, par terre, près du divan un livre. Je le ramasse. "Ah ! Voilà l'explication de mon drôle de rêve." J'étais après relire mon vieux livre de contes de Perrault pour me remettre ces histoires en mémoire et pouvoir les raconter samedi lorsque brusquement je me suis endormie et que mon esprit s'est mis à voyager en plein conte de fée.

2026.02.12. jeu.

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Samedi je pars garder ma petite fille.
Phrase gracieusement offerte par Annie

Je Suis… Comme… par Monique

 
Je suis souple comme un téléphone.

Vous allez me dire : "Non mais vous voulez rire, ces appareils là c'est plutôt du genre rigide."

À quoi je répondrai : "Parce que quand je vous parle de téléphone vous pensez aussitôt aux anciens trucs en bakélite, hyper massif et hyper dur, aussi souple qu'une barre à mine."

À quoi vous rétorquerez : "Pas besoin de remonter jusqu'à la préhistoire, prenez n'importe quel portable, c'est un écran rectangulaire, avec une vitre rectangulaire, impossible à plier."

"En êtes-vous si sûr ?"

"Oui, parfaitement !"

 "Hé bien détrompez-vous, figurez-vous que l'écran du Samsung Galaxy Z se plie en deux. Donc quand je fais un peu de gymnastique et que je touche l'extrémité de mes pieds avec mes mains et bien je peux affirmer que je suis souple comme un téléphone Samsung Z. Et encore plus fort, sachez que le Samsung X lui à un écran qui se plie en quatre. Et vous verrez que dans l'avenir avec le développement de la plastronique et des nouveaux matériaux intelligents on arrivera à avoir des téléphones que l'on pourra enrouler autour de son poignet comme un bracelet. Alors la formule souple comme un téléphone deviendra universelle et d'un usage tout à fait commun.

2026.02.12. jeu.

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