Un stylo bille est sur la table, sur le bureau, à côté d’une feuille blanche ou pas, là où on l’a posé. Immobile, raide comme une allumette, il n’ose pas bouger, se déplacer : inhibition totale. Il faut qu’une main le prenne, l’agite sur la feuille, trace les mots de ce que l’humain a à dire, consent à confier. Toutes ces phrases étrangères au stylo bille qui ne lui correspondent en rien. Alors que lui, il en aurait des choses à écrire, à raconter s’il évoluait à son rythme sur la page blanche, seul, autonome, sans ces doigts cruels qui enserrent. Mais il n’ose pas.
Son voisin, un stylo plume est aussi timide que lui. Aussi, lorsque l’humain s’éloigne, ils se consolent tous les deux, se moquent de cette main prétentieuse, fière de ses écrits ridicules.
Au travail, en famille, en société, je suis Stylo Bille. J’en aurais des choses à... Mais je ne me risque pas. Demain, journée rare, je serai avec Stylo Plume, mon ami d’enfance : tête-à-tête de deux timides tant attendu...
2026.02.12. jeu.
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