La Vénus A Mis L'Eau… par Juliette

Paris. On m’a dit : « Tu vas à Paris. » Moi j’étais contente : la Seine, la tour Eiffel, le Moulin Rouge. On m’a dit : « On te dépose au musée. » J’ai pensé : « Oui, ça peut être sympa des œuvres culturelles. »

Ce que je n’avais pas prévu c’est qu’au musée j’y resterais. Au début c’était rigolo : on venait me voir, me prendre en photo. J’étais flattée. Puis un peu comme de tout, je me suis lassée.           

La nuit j’interrogeais les copains,

« Non mais vous en avez pas marre d’être ici ?

- C’est facile pour toi, tu peux gambader sans tes bras. Moi j’ai plus de jambes !

- Moi plus de tronc.

- Et moi plus de tête ! »

Un soir je suis allée voir mon fils.

« Cupidon, j’ai besoin de tes bras.

- D’accord Maman. »

Nous avons traversé tout le musée pour trouver toutes les toilettes et ouvrir les robinets de tous les lavabos. Nous sommes passés devant les pharaons, devant Joconde qui pour une fois avait l’air de sourire sincèrement en voyant ce qu’on faisait.

Le lendemain, chacun à sa place : les humains arrivent. Le musée est inondé : il n’ouvrira pas. Nous, les œuvres, sommes empaquetées et mises dans des camions. Nous avions pris le soin d’inonder également les réserves.

Pour poursuivre notre fugue hors des camions c’est plutôt du domaine d’Athéna. C’est à elle qu’il faudra demander de vous raconter la suite de l’histoire.

En tout cas maintenant, autour du feu de camp, quand Cérès raconte l’histoire de notre libération, elle commence par « La Vénus a mis l’eau. »

2026.02.12. jeu.

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