Comment, dépourvue de mains, de bras, tenir un pinceau, le plonger dans les couleurs, le déplacer sur la toile ? Mes pinceaux, ma palette, mes tubes de peinture, mes toiles, je peux juste les observer, détailler leurs contours. Je peux juste les pleurer, remplir la cruche.
Moi, Vénus, j’ai mis l’eau dans la cruche en pierre jusqu’au jour où...
Un corbeau s’est posé sur le sol de mon atelier, face à moi. Il m’a contemplée longtemps. Soudain, de son bec, il a attrapé un pinceau, l’a frotté dans le bleu cobalt, l’a agité sur la toile blanche installée sur le chevalet. Puis un peu de jaune : autre mouvement pinceau bec. Une étincelle a jailli : Vénus, il te reste ta bouche tes pieds... Son œuvre achevée, le corbeau s’est envolé.
Mon labeur de peintre a repris, différent et ne me quitte plus. Je progresse et au fil des jours, l’eau salée de la cruche s’évapore. Cruche, compagne de ma détresse, tu seras vide, bientôt.
2026.02.12. jeu.
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