Mon Aminale De Compagnie par Monique

 
La vie avec mon aminal de compagnie.

 

      J'ai comme animal de compagnie, une bestiole assez bizarre, un étonnant croisement entre un oiseau et un instrument de musique : un oiseau-lyre.

     

      Un ami explorateur avait trouvé, ce curieux spécimen, au fin fond de l’Outback australien. Ne sachant trop quoi en faire, il avait aussitôt pensé à moi et me l'avait offert.

      Bien sur la vie avec un être aussi étrange, mi volatile, mi objet, n'a absolument rien d'ordinaire et comporte parfois quelques menus inconvénients.

      Par exemple, avez-vous déjà essayer de jouer d'un instrument de musique à pattes qui s'enfuit à votre approche et court se planquer sous le canapé. Non ! Eh bien moi si. Et quand, par le plus grand des hasards, j'arrivai à le déloger de sa cachette, une interminable course poursuite s'engageait, alors, à travers toutes les pièces de la maison. À la fin, épuisée, je m'écroulai sur le tapis du salon. Il s'approchai alors, tranquillement, et restai là à me regarder, inclinant sa petite tête et me narguant effrontément. Il ne me restait plus qu'à rendre les armes et à abandonner mon idée de jouer un air puisque monsieur n'en avait pas envie.

     

      Mais, face à cette situation, j'ai trouvé le truc. Je n'allais pas laisser un volatile, même unique en son genre, faire la loi. Quand je désire faire quelques accords, je m'installe tranquillement dans un fauteuil et je fais semblant de lire un livre captivant. Et ça marche ! Il s'avance, indigné par mon indifférence, et saute sur mes genoux. Et, il reste là, à me regarder de ses yeux de merlan frit. Il veut, de toute évidence que je m'occupe de lui. Alors, je pose mon bouquin, et il s'abandonne à mon bon plaisir. Mes doigts se mettent à effleurer ses cordes et il s'endort, bercé par les accords harmonieux et tendre d'une berceuse.

     

      En vérité, ce qui m'a le plus posé de problème, surtout au début, c'est qu'il a hérité de son côté oiseau, le don particulier pour imiter tous les bruits qu'il entend. Imaginez ma joie quand il s'est mis à klaxonner et à imiter le bruit d'une tronçonneuse à deux heures et demi du matin. Ce cirque a bien duré un mois, le temps qu'il s'habitue au décalage horaire. Enfin, maintenant, ouf ! il dort la nuit.

      Cependant, le jour le vacarme continu. J'ai bien essayé de lui faire écouter les gazouillis de plusieurs chanteurs emplumés, des fois que ça lui viendrait à l'idée de changer son répertoire. Mais non sa seigneurie préfère, le boucan. Il adore jouer au marteau piqueur, au train à vapeur ou au Boeing 747. Enfin, à la longue j'ai commencé à m'habituer et maintenant je suis blindée. C'est un peu comme si j'habitai près d'un chantier de construction ou d'un aéroport, je n'y prête plus guère attention. De plus j'ai la possibilité de m'évader lorsque j'en ai envie, grâce à un vieux casque stéréo retrouvé au grenier. Comme cela je peux regarder mes films ou écouter mes airs préférés loin du fond sonore environnant. Et la vie continue bien ainsi. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

2026.01.15. jeu.

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