Cantou, mon aminal de compagnie, est toujours de bonne humeur. Friand d’un public attentif, il adore se donner en spectacle. Devant moi, d’abord, son maître attentionné aux petits soins pour lui puis devant mes invités éventuels : amis, relations de travail...
La représentation de Cantou débute par un numéro d’équilibre sur une seule patte : immobilité silencieuse. Puis valse à trois temps rythmée par des claquements de bec. Sauts périlleux ensuite qui tiennent en haleine les spectateurs. Suspense immense, la peur affleure sur les visages. Émotion superflue : l’artiste retombe toujours sur ses pattes. Cantou enchaîne avec quelques chants plus ou moins mélodieux que la souplesse de son corps sait mettre en valeur. Fin du seul-en-scène. L’œil de Cantou attend les applaudissements. Si ceux-ci ne sont pas assez intenses à son goût, il tire une langue rose démesurée à chacun des coupables. C’est ce qui est arrivé à mon patron vendredi soir, lors d’un repas de travail organisé pour la première fois à la maison. Mes collègues ont eu du mal à réprimer un sourire. L’œil noir, le boss est parti peu après, prétextant je ne sais quoi.
Le lendemain, jour de mon anniversaire : tête à tête en chien de faïence avec mon aminal de compagnie. Pour se faire pardonner, allongé sur le dos, il allume une à une toutes les bougies du gâteau : bougie dans la patte gauche, allumette dans la patte droite, bougie dans la patte droite, allumette dans la patte gauche... Gracieux enchaînement. Je souffle, il applaudit. Je ne tire pas la langue, il m’embrasse du bec. Nous partageons le gâteau.
La promotion que j’attendais s’est envolée sans doute. Peu importe. Cantou est là pour moi, je suis là pour lui. Nous le savons tous les deux.
2026.01.15. jeu.

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